L’histoire face à l’offensive mémorielle

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Au sortir de la seconde guerre mondiale, c’est l’oubli, et non la mémoire, qui domine les sociétés occidentales. En 1947, l’écrivain italien Primo Levi est ainsi éconduit par le prestigieux éditeur Einaudi lorsqu’il lui présente le manuscrit de Si c’est un homme : le récit autobiographique de son passage à Auschwitz. Et la même année, lors de la création du musée du camp d’Auschwitz-Birkenau, cœur même de la Shoah, par d’anciens déportés, sous la responsabilité de l’État polonais, pas une seule fois le mot « juif » n’est prononcé.