Prof, et après ? Changer d'air, ou pas

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Parmi les 589 livres de la rentrée (dont 393 romans français), un premier roman, signé Marion Guillot dont on ne sait rien, sinon qu’elle est née en 1986. Changer d’air, annonce son titre, comme un manifeste, le constat d’un besoin, existentiel et littéraire, d'un ailleurs.

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« J’allais au lycée ; j’avais gardé mes espadrilles et un goût de sable au coin de la bouche » : Paul est prof de lettres dans un lycée de Lorient – 45 ans, marié, deux enfants –, c’est la rentrée, une mécanique bien rodée, trop. « J’avais la tête ailleurs, ne me plaignais de rien » : Paul est une toile cirée, tout glisse, rien n’a de prise sur une sorte d’indifférence ontologique profondément ancrée, une « existence heureuse, car ignorante d’elle-même, noyée dans ses détails et ses instantanéités ». Paul est sans envie, sans désir, sans perspective, jusqu’à son nom, si commun, Paul Dubois, « Paul Dubois, l’homme au nom le plus commun du monde », un « paradigme ». Un grain de sable, justement, va enrayer la machine. Alors que Paul est assis en terrasse, attendant le bateau qui le mènera vers le continent et ses élèves, une jeune femme tombe dans le port. L’événement est sans consistance, atrocement banal. Mais la vie de Paul bascule.