Atticus Lish illumine les trajectoires de la misère américaine

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Queens, quartier de New York, Zou Lei, clandestine irréductiblement vivante, Skinner, vétéran démoli de la guerre d’Irak, Jimmy, taulard voué à le redevenir. Un formidable roman, profondément politique, c’est-à-dire qui ne s’affiche pas comme tel. Extrait en fin d’article.

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Parmi les loups et les bandits, d’Atticus Lish – on peut préférer la traduction littérale du titre, Préparation pour la prochaine vie – est un grand  roman, de ceux qui vous embarquent dans un univers, et quel univers ! C’est un roman des trajectoires. Celles qui s’ignorent dans New York et surtout le Queens, celles qui se croisent, et celles, on le devine d’entrée, qui entreront en collision. C’est un roman de l’exil. Celui d’une clandestine à demi ouïgour, à demi chinoise, celui d’un vétéran de la guerre d’Irak qu’un syndrome post-traumatique rend étranger à son pays. Celui, en sourdine mais opérant comme le destin en tragédie, d’un taulard perdu pour la liberté. C’est aussi un roman des corps.