Santiago H. Amigorena : son chagrin, notre bonheur !

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La Première Défaite est le plus beau récit d’amour que l’on puisse lire en cette rentrée. Furieusement introspectif mais aux antipodes du moi-je. Avec Santiago H. Amigorena, une diaspora à lui tout seul, on voyage de l’île Saint-Louis au Cabo Polonio, on navigue de politique en poésie, on revisite le début des années 80, on vibre, on rit beaucoup, on s’émeut. Le tango est en fond, le point d’incandescence simple : Philippine l’a quitté. Extrait.

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La Première Défaite, de Santiago H. Amigorena, en période de rentrée littéraire, est un vrai piège. C’est un livre qu’on fait déraisonnablement durer, en reculant l’échéance de la dernière page. Ce récit de quatre années de chagrin après le départ de Philippine, aimée depuis l’adolescence, qui conjugue les poèmes, les lettres, les carnets du Santiago H. Amigorena de 18 ans explorant les strates et phases de sa souffrance, avec le recul, l’auto-dérision bienveillante et le savoir du même Santiago H. Amigorena quelques décennies plus tard, est à la fois passionnant et exigeant, spontané et mûri, addictif en tout cas. Et souvent très drôle… Une phrase de Rilke, en fin du roman, le résume assez bien : « Au fond, la perte n’est qu’une seconde acquisition. »