Le monde est «O»

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a tout pour faire fuir. Cet énorme pavé (962 pages – le manuscrit en faisait 400 de plus à l’origine !) est orné d’un titre obscur, voire inquiétant ; qu’est-ce que cette unique lettre, en forme de cercle, peut bien nous promettre : des divagations abstraites, une œuvre d’art totale qui se boucle sur elle-même ? Le sous-titre annonce un « traité universel sur le pourquoi des choses »… Sans compter que le roman est traduit du finnois (cinq millions de locuteurs à tout casser, une des rares langues non indo-européennes de notre continent, agglutinante, quinze déclinaisons…), et qu’en plus, il s’offre le luxe de faire des notes de bas de page – voire pire : des notes dans les notes. Bref : un cas limite qu’on pourrait être tenté d’ignorer. Même son auteur, Miki Liukkonen, a déclaré, sarcastique, qu’O a probablement été le moins lu des livres les plus vendus en Finlande.