La France, les Arabes et Albert Camus, chantre essentiel du droit du sol

Par

En 1956, Albert Camus propose une trêve en Algérie. Échec et tomates sur Guy Mollet, chef du gouvernement socialiste, qui intensifie la guerre. Camus se mure alors dans un silence valant leçon de choses françaises : penser la place des minorités. Malgré les surenchères xénophobes à droite, en dépit des intellectuels pavloviens de gauche...

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Des notables socialistes au pouvoir, ayant perdu leurs repères, cèdent à la tentation du tout répressif face aux « musulmans » réduits à une faction « terroriste ». Nous sommes en 1956. Les élections du 2 janvier ont vu la victoire du Front républicain. La gauche française connaît une méprise : elle attendait Pierre Mendès France mais hérite de Guy Mollet, pour appliquer un programme de « paix en Algérie ». La méprise se transforme en déconvenue : des mottes de terre et des tomates lancées sur le président du Conseil, lors de sa visite à Alger (6 février 1956), le poussent dans le camp des ultras. La déconvenue vire à la duperie : Mollet obtient « les pouvoirs spéciaux », votés par les communistes à la Chambre (12 mars 1956).