Enzensberger: la poésie est le halo de l’Histoire

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Que peuvent bien nous dire les nuages de notre histoire ? Pour un écrivain aussi critique de son temps que Hans Magnus Enzensberger, ils symbolisent la fugacité des figurations humaines dans le ciel de l’Histoire. Un de ses récents livres de poèmes, L’Histoire des nuages, vient d’être traduit, comblant un trou de plusieurs décennies dans la lecture du poète en France.

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Le lecteur de cet extraordinaire inventeur de formes littéraires qu’est Hans Magnus Enzensberger ne sera guère surpris d’apprendre qu’il « aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... les merveilleux nuages ! » à l’instar de « L’étranger » de Baudelaire, si rétif aux valeurs matérielles de l’existence. Il sait bien, ce lecteur avisé, que cet écrivain protéiforme a à ce point le sens de l’Histoire qu’il lui porte toujours la dernière contradiction, ne se satisfaisant jamais que puissent être passées sous silence les destinées des personnes particulières. Tout comme l’auteur, sans doute, il jubilera à ce titre trouvé pour un de ses derniers livres de poèmes, L’Histoire des nuages !