Molière à la rescousse contre l’arbitraire

Par
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Mediapart fait le choix d'un participatif sans modération a priori, merci de respecter notre charte. La rédaction peut mettre en valeur certains commentaires et se réserve le droit de supprimer tout commentaire hors sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier.

Tous les commentaires

Montaigne, Molière, la Fontaine, Diderot, Camus... Notre patrimoine.

Patrimoine français, patrimoine mondial ! 

 

"Quoi de neuf ? ... Molière ! " (attribué à Guitry) 

 

Sourire

Indispensable et toujours neuf Molière. Pour ne parler que de la lutte contre l'intégrisme, auquel il fut plus qu'en butte : L'école des Femmes (acte III scène 2), Tartuffe (acte III scène 2 itou).

Dire que certains dans l'EN cherchent à faire passer les auteurs anciens au second rang sous prétexte que leur langue échappe aux djeuns...

 

Merci de cette belle critique qui fait bien résonner jusqu'à nous, et loin au-dehors et autour, cette lecture de Molière et ce qui doit se passer dans cette belle salle. Un pareil plateau ne peut pas être décevant.

Je veux bien - en tout cas je le lui souhaite - que Hollande ait quelques lumières sur Molière. L'inverse me paraît plus hasardeux. Comme me paraît légèrement sollicitée l'idée que notre grand poète national ait été un chantre de la lutte contre le pouvoir absolu. Ce n'est pas au roi, aux ministres, ni même à l'aristocratie dominante, qu'il s'en prend ici, mais à un bourgeois qui prétend abusivement appartenir à l'élite nobiliaire.


La classe qu'il ridiculise, et ce dans la quasi-totalité de ses pièces, c'est la classe intermédiaire, celle qui aspire au pouvoir et n'y parviendra, précisément, que grâce à la Révolution. Celle contre qui la classe aristocratique résiste de toute la force de ses privilèges, et qui trouve dans Molière un défenseur aussi brillant que constant de ses préjugés de classe : l'ennemi, le méchant, c'est toujours le bougeois ignorant, borné, pédant, prétentieux, affecté de toutes les tares, qu'il soit médecin, commerçant, propriétaire terrien, intellectuel, homme de loi, ecclésiastique de rang subalterne... Les bons, c'est sa Majesté très-chrétienne et ceux qu'elle a investis de son pouvoir discrétionnaire, pour ne pas dire de sa grâce. Loin de dénoncer l'arbitraire du pouvoir, il le soutient de toutes ses forces contre ceux qui prétendent l'entamer si peu que ce soit, fût-ce dans l'intimité de leur vie privée.


Etablir une relation entre l'ordre politique monarchique du XVII° que Molière défend, et la démocratie du XXI° siècle, quelles que soient ses tares, est non seulement déplacé, mais inopérant. Sauf à dire que ça irait mieux si on avait un roi, et que les hautes fonctions de l'état seraient mieux exercées si elles l'étaient par droit de naissance.

Laissons à Molière la langue magnifique, tous les prestiges de l'esprit et des sens, la permanence de la dénonciation des travers de l'individu par delà la diversité des siècles. Mais un message politique, jamais de la vie. Si j'osais ce détour shakespearien, la nuit des rois n'a rien à voir avec la nuit debout.

Un beau spectacle, magnifié par la pétillante élégance de Christie, absolument. Un brûlot anti-Vals, faut pas charrier...

 

PS : "Déconstruire", c'est le contraire de dé-détruire ?

Bravo pour "lagarde-et-michardiser" et "Molière...échappe au programme du Capes"! La culture n'est pas une collection de papillons à la naphtaline, mais plutôt (ici) le lien inter-séculaire entre des esprits libres.

Vous aurez beau perraudiser, Molière échappera toujours à la récupération conjoncturelle, au ras des paquerettes du petit jardinet journalistique. Le génie des génies, il est dans leur capacité ( capesité ? ) à parler à tous les humains de toutes les époques, au-delà des péripéties de la politicaillerie conjoncturelle.

Dans un mois, dans un an, plus personne dans la médiasphère ne se souviendra de ce qui s'est passé au sujet de la loi "El Khomri" ni de ce qu'il en a lui-même écrit... Et d'autres metteurs en scène tâcheront de se faire un nom - et de chatouiller dans le sens de la subvention les petits marquis du Ministère de la Culture - en croyant faire porter aux génies des "messages" à la petite semaine que les textes même réfutent. Et comme toujours, Molière s'en remettra...

 

Je partage assez votre analyse*, sauf sur le fait que Molière n'égratignerait presque jamais l'aristocratie. Voir Dorante dans le Bourgeois Gentilhomme, les petits marquis dans plusieurs pièces.

On peut supposer aussi que mordre davantage les puissants, passer du petit marquisat aux grands duchés l’aurait plus fortement l'exposé, il a déjà assez morflé avec la Cabale des dévôts.

* Dont ça :

Laissons à Molière (…) la permanence de la dénonciation des travers de l'individu par delà la diversité des siècles.

http://misentrop2.canalblog.com/archives/2016/06/20/33989328.html

(Il a encore fallu rouvrir le commentaire pour virer les sauts de ligne importés et importuns...)

@ Le Goéland

J'adore la pose et la prose de mon contempteur de rencontre Florestan (dont le pseudonyme va, hélas !, à l'encontre de la pièce sublime du Carnaval de Schumann) : voilà bel et bien l'esprit étroit, conformiste, vétilleux, chicaneur – illustrant, à son corps défendant, tout ce que Molière pourfend !

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Je vous suggère, cher Antoine Perraud, puisque vous avez l'épiderme outrageusement chatouilleux, et l'invective au quart de tour, de vous en rapporter à la sagesse du bon maître Nostradamus qui remarquait finement dans son fameux Traité : "La confiture, c'est comme la culture. Moins on en a, plus on l'étale."

Molière, je crois, pourfend aussi certain Trissotin. Encore que sans aucune hargne. Pas plus que votre serviteur

Je cite votre citation :

"Je vis de bonne soupe et non de beau langage"

Ce propos est celui de Chrysale, un personnage pas vraiment flatté dans les Femmes Savantes.

Et on ne peut pas réduire Molière à ça, Molière qui fustige un Arnolphe ayant privé Agnès de toute instruction, bon précurseur de nos modernes intégristes de toutes religions :

Dans ses meubles, dût-elle en avoir de l'ennui,
Il ne faut écritoire, encre, papier, ni plumes :
Le mari doit, dans les bonnes coutumes,
Ecrire tout ce qui s'écrit chez lui.

Ces sociétés déréglées,
Qu'on nomme belles assemblées,
Des femmes tous les jours corrompent les esprits.
En bonne politique on les doit interdire;
Car c'est là que l'on conspire
Contre les pauvres maris.

Les enseignants qui font étudier et jouer cette pièce n'ont pas à être condamnés : ils font leur travail. Comme ceux qui font étudier Vipère au poing, au risque de se voir anathématiser par des familles de bourges (c'est arrivé à une collègue).

… et le pouvoir en perdition étale aujourd’hui sa déconfiture pur sucre.

Bien envoyé, Florestan.

La hargne vindicative totalement dépourvue d'argumentation du Trissotin local est incurable.

Je suis entièrement d'accord avec votre analyse :

"La classe qu'il ridiculise, et ce dans la quasi-totalité de ses pièces, c'est la classe intermédiaire, celle qui aspire au pouvoir et n'y parviendra, précisément, que grâce à la Révolution. Celle contre qui la classe aristocratique résiste de toute la force de ses privilèges, et qui trouve dans Molière un défenseur aussi brillant que constant de ses préjugés de classe : l'ennemi, le méchant, c'est toujours le bougeois ignorant, borné, pédant, prétentieux, affecté de toutes les tares, qu'il soit médecin, commerçant, propriétaire terrien, intellectuel, homme de loi, ecclésiastique de rang subalterne..."

En témoignent entre autres Georges Dandin, Messieurs de Pourceaugnac et Jourdain, Diafoirus, Vadius et... Trissotin.

Perraud devrait un peu réviser...

Ce plumitif à la hargne clinquante aurait été  à triple titre un gibier de choix pour Molière qui savait si bien, comme vous le rappelez, brocarder l'individu borné, pédant, prétentieux...

L'hommage d'un maître ( dont j'ai eu quelquefois l'honneur de présenter l'oeuvre fondamentale et nécessaire dans mon journal... ) me va droit au coeur, et surtout à l'esprit. C'est toujours un plaisir de vous lire ( même à l'endroit ) ! Comme c'en est un de "troller" un peu sur les mécontes du Perraud. Il faut reconnaître que c'est un bon client...

Géronte, que tout journaliste normalement constitué tâche d'éviter lors des « chocolats » du Canard enchaîné (mes amis et connaissances de la rédaction me racontent – c'en est tirebouchonnant ! – comment ils s'amusent à se refiler dans les pattes l'envahissant burgrave inconscient de son accablante garrulité), Géronte s'est donc exprimé, ici et maintenant, avec le fiel et l'amertume qui nuisent à sa santé et à notre quiétude (l'une étant plus importante que l'autre : devinez laquelle)...

MP reçu il y a dix minutes d'une "signature" du Canard (j'aime bien vérifier les informations) :

je ne connaissais même pas, jusqu’à aujourd’hui, l’existence de ce Antoine Perraud…, et mon dieu, quel langage tarabiscoté (...)! Tout ça pour dire que je ne sais pas qui lui a dit ça, mais c’est bizarrement faux, en tout cas, je n’ai jamais rien entendu de tel, personnellement je ne le fuis pas, au contraire….il me fait rigoler

AL CESTE se montre excellent journaliste d'investigation.

Il vérifie les informations.

Ce n'est pas comme un certain Antoine Perraud qui s'est naguère ridiculisé en louant le livre d'un imposteur, se montrant ainsi piètre journaliste.

Bravo et merci, Alceste.

La "signature" du Canard a en outre le jugement très sûr : quel langage tarabiscoté !

Un cuistre a besoin de tarabiscoter ses propos pour tenter d'en masquer l'indigence.

Surtout quand ce prétentieux pédant persévère dans ses grotesques diffamations qui en ont fait s'esclaffer plus d'un au Canard.

Merci à vous, Florestan que le cuistre Perraud croit spirituel d'appeler Eusébius, étalant ainsi laborieusement sa culture-confiture. Pauvre Carnaval, pauvre Schumann !

Je remarque que ce Vadius du café du commerce (pauvre café du commerce !) continue de se répandre en glauques philippiques dépourvues du moindre argument.

Et il récidive dans sa grotesque diffamation à mon égard concernant le Canard, qui m'accueille plus que royalement depuis bientôt 32 ans. En revanche, ce Perraud semble y être fort peu connu...

Ce pédantissime hargneux est décidément bien plus à son affaire dans l'insulte et la diffamation que dans l'argumentation.

Il faut dire qu'avec vous, qui, je crois êtes critique de théâtre professionnel depuis une bonne trentaine d'années, ce pauvre Trissotin de comptoir a affaire à trop forte partie.

Je vous souhaite une très bonne journée.

J'avoue, cher Joël Martin, que la virulence de ce Monsieur Perraud me sidère autant qu'elle m'amuse. Renseignement pris - car jusqu'ici son nom n'était pas parvenu jusqu'à ma provinciale retraite - il ne s'agit pas vraiment d'un jeune journaliste avide de faire découvrir au monde la verdeur de son tempérament, mais d'un confrère déjà expérimenté. Cela ne laisse pas de m'inquiéter. On a l'impression qu'il réagit à la moindre contrariété comme si le contradicteur venait de lui mordre les ...


J'ai le caractère plus bénin mais la muflerie avec laquelle ce monsieur en use envers vous m'indigne, et me semble - critique théâtral oblige encore - d'un très petit personnage.

Je crois donc devoir vous présenter en mon nom et à celui des autres lecteurs de bonnne volonté et de bonne compagnie qu'on croise sur ce forum, les excuses du bon sens et du bon goût.

Au plaisir - permettez que je vous appelle Maître !

 

  • Nouveau
  • 23/06/2016 11:16
  • Par

Molière La cour Le provincial La CGT

Perraud: "Tout est dans tout et inversement"  Langue tirée

 

Cette citation n'est pas de Perraud mais de Pierre Dac.

Certains l'attribuent plutôt à Alfred Capus.

Mais en tous cas, pas à Perraud...

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale