François Dosse: «Maintenir une radicalité critique» en redécouvrant Castoriadis

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Tous les commentaires

« Il trouve dramatique que les nouveaux philosophes aient pu incarner le mode d’être de la pensée française parce que, selon lui, sans pensée critique, sans clivage idéologique, sans débats d’idées, il n’existe pas de démocratie. »

Effectivement, et c’est malheureusement l’idéologique inverse qui est martelée  partout et notamment dans les médias depuis 30 ans.Lorsque cette idée reviendra au goût du jour, on aura déjà beaucoup progressé vers la démocratie.

« Le recours à cette notion d’imaginaire permet à Castoriadis de prendre ses distances avec le marxisme et le structuralisme pour restituer au processus d’émergence du nouveau un rôle qui a souvent été enseveli sous le poids des structures. »

Si le rôle de l’imaginaire est sans doute capital, celui-ci ne  vient pas du néant, et ne s’oppose pas à une analyse marxiste qui tient compte de l’évolution du monde, à moins que le but soit de prendre ses distances à tout prix.

 

 

Vous faites des remarques qui nous sortent un peu du labyrinthe, à condition qu'une discussion puisse être engagée à partir de ce carrefour incontournable qu'est l'analyse marxienne de l'imaginaire. C'est juste une suggestion. Mais le dispositif médiatique d'un fil de commentaires risque de se dissiper vite en un fleuve de divagations, un billet spécifique serait donc à conseiller.

exact quoique je ne le formulerais pas ainsi. 

C'est d 'ailleurs d 'après notre auteur, l'originalité de Castoriadis.

Je dirai que c 'est celle aussi de Bourdieu qui "inventa " le concept de capital symbolique et emprunta à Luckas le concept de vision du monde.
En d 'autres termes la contradiction n'est plus uniquement entre le capital et le travail, les dirigean ts et les excécutants mais entre les détenteurs d'un capital et financier et intellectuel et relationnel et ceux qui n'en ont pas. Les uns et les autres développent des visions du monde ( rêves, envies, imaginaire, idées, conception du monde...) homotétiques à la fraction de capital à laquelle ils appartiennent.

Ce commentaire a été dépublié par la rédaction de Mediapart.

C'est une ouverture importante, à condition, bien sûr, de ne pas enfermer les non possédants dans le seul périmètre de leur capital financier, intellectuel et relationnel. Il y a aussi la force vitale et l'intelligence de la force vitale et la société s'abêtie au galop en se privant de cette intelligence-là.

Merci pour cet article, qui n'est pas le premier que vous proposez à vos lecteurs concernant Castoriadis.

La véritable radicalité consiste à sortir du socialisme (plutôt que faire du replâtrage).

Quel dommage que cet ouvrage ne soit pas proposé dans un format numérique et à un prix plus réaliste. Même observation pour les ouvrages de Castoriadis, inégalement disponibles et dont la structure de prix et la non-disponibilité en numérique explique peut-être une partie de sa confidentialité.

Le numérique tue le livre, il faut choisir !!  

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  • 22/09/2014 12:14
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Passionnant. La gauche a effectivement besoin de redécouvrir une telle pensée. Comme de découvrir, rêvons un peu, celle d'Arendt.

Merci pour tous ces entretiens.

" Castoriadis et Lefort ont pris conscience de manière très précoce, dès 1946, que l’Union soviétique était dirigée par une classe exploitant les ouvriers et établissant une domination de fer. "

Comment peut-on, en 2014, présenter encore les choses de manière aussi simpliste, aussi économiste ? La domination, de caste et non de classe, portait principalement sur les classes moyennes, les paysans et les intellectuels dissidents, pas sur les ouvriers relativement bien traités. Et même, les ouvriers étaient plutôt du côté du totalitarisme, comme en Allemagne nazie, pas du côté de la démocratie.

Très discutable.

 La "domination" n est pas "l'exploitation":un intellectuel "dominé" l'est rarement à son insu et peut lutter à armes égales avec son "dominant",mais l'ouvrier à tous égards est inférieur à son exploiteur, le même sans doute qui lui a fait croire - sans lui fournir les moyens de le comprendre ou d'y aspirer par lui-même- que la Révolution le libèrerait de ses chaînes. La révolution la plus exaltante, où l'action semblait "la soeur du rêve", détournée de ses fins par ses propres initiateurs exploita les ouvriers en leur accordant un confort matériel comme on prend soin des machines utiles,et en l'absence de tout débat, de toute liberté de pensée,en compromit  l'émancipation qui consiste à devenir un "sujet reconnaissant ses qualités comme siennes": L'exploitation des ouvriers s'est amplifiée et a laissé des traces qui s'avèrent dramatiques aujourd'hui où ils ne sont  plus rassemblés autour d'un même espoir, et que l'Ecole de la cinquième République, contrairement aux promesses de la précédente, a failli à sa mission émanciparice         

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  • 22/09/2014 12:51
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La déliquescence de la pensée de gauche est telle qu'elle en est réduite à interroger les morts et à essayer de remettre en scène des vieilleries du style autogestion. Et c'est avec des concepts aussi usés que la gauche   veut se créer un avenir ? Misère.

Et oui. Dans toutes les périodes de crise c'est en allant chercher dans le passé des enseignements qu'une pensée et une action adaptée à l'époque et au monde ont pu être inventées. La suffisance et l'ignorance semblent être la marque de notre temps et sa maladie.

Il y au moins une pensée de gauche vu qu'à droite on en est à "Zadig et Voltaire " entre autres !

Sinon lire  Razmig Keucheyan :

Vous n'avez pas compris que la gauche est morte ? C'est ce qui arrive quand on est incapable de discerner les vrais problèmes des Français, je parle de ceux que la gauche (et la droite libérale - ah, quelle horreur !) oublie, les Français périphériques pourrait-on dire. Mais sans doute, ces gens-là et leur souffrance vous échappe. Alors, continuez à penser avec des cadavres.

Certes et alors, vous allez sortir de votre chapeau une solution miracle ...Un peu de réflexion ne fait pas de ma.

Plus la pluralité des points de vue sera grande plus nous aurons de chance de voir s'éclairer un espace public bien sombre. Il faut élargir le champ des penseurs étudiés et sortir de la mode et du mimétisme. Les entretiens de ce type y contribuent.

L'Oeuvre de Foucault elle même a été éclipsée au profit d'un foucaldisme qui n'a à peu près rien à voir avec sa pensée. Il y a un rendez vous manqué entre Foucault et Castoriadis. Foucault était un penseur de la démocratie radicale. Ils auraient pu être proches.

Les textes de Debord et des situationnistes m'accompagnent toujours, et me semblent tout aussi pertinents que le travail de Castoriadis. Malgré les contresens à son sujet, le concept de société du spectacle n'a pas encore été vraiment dépassé. "Le spectacle est le moment où la marchandise a envahi tous les secteurs de la vie sociale." Nous y sommes.

C'est de pluralité des points de vue dont nous avons besoin. Debord et Castoriadis y contribuent.

Ce commentaire a été dépublié par la rédaction de Mediapart.

" Le caractère novateur de leur posture sera plus tard effacé de la mémoire collective avec le succès médiatique remporté par ceux qui se sont érigés en « nouveaux philosophes » antitotalitaires à la fin des années 1970 et qui ont ramassé à leur profit les dividendes de cette critique. "

.............et sur la notion de totalitarisme plus que Gauchet, c'est bien Lefort et avant Arendt qui ont entamé le processus de réflexion 

Arendt dont l'ouvrage sur le Totalitarisme est précédé de deux autres sur l'Impérialisme et l' Antisémitisme ! Souvent oubliés lorsqu'on parle d'elle !


Les Origines du totalitarisme sont un seul livre en trois parties paru aux Etats-Unis en 1951. Il n'y a qu'en France ou l'on croit que Arendt a écrit trois livres. Voir mon blog.

www.ttoarendt.com

Je le sais puisque c'est ainsi qu'il a été publié récemment : Les Origines du totalitarisme (The Origins of Totalitarianism), 3 volumes (AntisemitismImperialismTotalitarianism), 1951 ; nouvelles éditions en 1958, 1966, 1973. Traduction française en trois ouvrages séparés (puis réunis en un seul volume, Paris, Gallimard, 2002) : ( avec le texte sur Eichmann) et que je l'ai lu !

 

J'entendais par cette remarque rapeller combien lorsque Arendt est cité par des gens de "droite" sur le totalitarisme les deux autres parties du volume sont souvent  omises ! 

Entièrement d'accord... Alors que L'Impérialisme est un livre décapant, et la charge qu'elle consacre au rôle de l'idéologie et de la pratique capitaliste des États-Nations dans le déclenchement des deux guerres mondiales est accablante... Mais ça dérange trop, alors Manent, Gaucher et consorts préfèrent parler du dernier volume et nous gaver avec du Tocqueville...

« Une des originalités de la pensée politique de Castoriadis, qui reste d’actualité pour éclairer la société d’aujourd’hui, est de déplacer l’opposition, que Marx voyait comme le moteur de l’Histoire, entre les détenteurs des moyens de production et ceux qui ne possèdent que leur force de travail, vers une coupure qui traverse toute la société, et pas seulement le monde industriel, entre dirigeants et exécutants, entre la culture d’expertise et les citoyens ».

Le « déplacement » formulé par Castoriadis à l’approche de Marx   n’a rien d’originel. L’ont fait pas mal d’intellectuels,  avant et après Castoriadis.

Face à la réalité de la dictature mondiale du capital financier spéculatif et   parasitaire, qui s’approprie de la plupart  du fruit du travail –manuel et intellectuel- des peuples du monde, soutenu par les gouvernements des grandes puissances  et leurs armées, face à la réalité des guerres, catastrophes humanitaires et écologiques qui se succèdent et ne s’arrêtent pas, parler d’ « une coupure qui traverse toute la société…entre dirigeants et exécutants, entre la culture d’expertise et les citoyens», c’est  de la pure spéculation « post marxienne» au mépris des faits et une entrave idéologique non négligeable au surgissement d’une alternative de gauche cohérente et puissante.

 

OK (bien entendu !). Mais qui nous dira ce qu'il y a de ''radicalement critique'' dans le fait d'enquêter... sur les ''diplômes'' de qui vous savez ? Maintenant, cher Joseph Confavreux (si vous me le permettez), la problématique étant celle de la ''radicalité critique'', vous pourriez me dire ce que vous pensez de mon billet de ce jour : ''Puisque Médiapart, c'est ses abonné-e-s... '' ?

A vous lire ?

JT

http://www.republique-des-lettres.com/castoriadis-9782824900223.php 
"Un monde à venir : Entretien avec Cornélius Castoriadis" Juin 1994 

De l'importance du travail critique des intellectuels. Et des autres.

"Vous l'avez dit vous-même, je ne peux pas à moi seul fournir de réponse à ces questions. S'il y a une réponse, c'est la grande majorité du peuple qui la donnera. Pour ma part, je constate d'un côté l'immensité des tâches et leur difficulté, l'étendue de l'apathie et de la privatisation dans les sociétés contemporaines, l'intrication cauchemardesque des problèmes qui se posent aux pays riches et de ceux qui se posent dans les pays pauvres, et ainsi de suite."

La baisse tendancielle du taux de profit des productions intellectuelles, était parfaitement prévisible.
Quand une production, dépasse tous les besoins de la clientèle solvable, on en arrive forcément là.
Ca n'est pas de productions intellectuelles nouvelles, ou de remake d'anciens blockbusters, dont la "gauche" à besoin, c'est de nouveaux activistes, moins fascinés par leur nombril et leur profondeur théorique.
Castoriadis 6, arriverait sur un marché saturé.
Les intellectuels sont des "avant gardes", et comme toutes les avant gardes, ils courent derrière les mouvement sociaux, pour leur proposer une explication, qu'ils n'arrivent à imposer que lorsque ces mouvements ont perdu leur capacité à la dépasser.
Pas 1% des acteurs de terrain de 68 n'avaient lu Debord, 90 % des retardataires s'en réclamaient.

«Maintenir une radicalité critique» en redécouvrant Castoriadis

A l'heure où il est question de revitaliser nos institutions à travers le projet d'une 6ème République  ; c'est à dire de déployer une activité politique autonome, réflexive et démocratique pour faire émerger  de nouvelles règles du jeu ; c'est à dire de nouvelles significations immaginaires, la pensée de Castoriadis est une contribution vitale.

Bien à vous

 

, Très bien fait, et utile même à ceux qui connaissent Castoriadis. Et les évocations de Lefort, Deleuze, Guattari, Morin, Bourdieu, Lukacs , sont bienvenues.

Pour essayer d'êtrte utile, je dois donner un autre son de cloche...

1/les milieux sociaux ne sont pas seulement politique et économique famille, voisinage, rue, école, club, salle de spectacle, plage, local de commerce, etc...,sont des milieux dont chacun a son identité particulière, son caractère plus ou moins organisé, plus ou moins durable, plus ou moins stable , sa taille, les mobiles de sa constitution., ses règles excplicites ou implicites, imposées ou inventées.

2/ nécessaire rappel de Wallon : l'homme est ,"de part en part", et individuel, et social .Pas de hiérarchie entre ces deux aspects contradictoires et indissociables.

3/ les activités humaines se développent, se créent, se mettent en relations réciproques , se diversifient, sans répit, et la complexité des problèmes à ,ffrronter par chaque personne, chaque groupe humain, ne cesse de croître.

4/ les différences de taille des milieux sociaux, de "recrutement", de type d'activité, de modes de vie rendent sans valeur l''idée d'une "autogestion" à principes et forme unique

5/ l'éducation, au sens de construction et remaniements de la personnalité, dure toute la vie, et place chacun dans les deux rôles de "maître "et d'"élève"

6/ toute activité humainhe présente trois aspects, indissociables et en interactions continuelles et changeantes : l'aspect "pratique", "concret"; l'aspect "affectif", de mobilisation et de  "ressenti" ; l'aspect "cognitif", de conscience et de pensée délibérée

Je peux développer et argumenter chacun de ces points , avec références biblio, concrètes, linguistiques..sans rien qui soit incompatible avec les auteurs cités.

Merci d'avoir la patience de me lire...

Castoriadis : des ressources pour renouveler une pensée critique de l'émancipation

 

Merci à Joseph Convavreux pour cet entretien avec François Dosse, qui porte la lumière sur une oeuvre, celles de Cornelius Castoriadis, trop marginalisée dans le contexte néolibéral et conservateur marquant la politique institutionnelle aujourd'hui.

 

Pour introduire à la pensée de Castoriadis, on peut renvoyer au petit livre pédagogique de Philippe Caumières : Castoriadis : critique sociale et émancipation (éditions Textuel, collection "Petite Encyclopédie Critique", 2011). On en trouve une présentation sur Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/petite-encyclopedie-critique/article/221111/actualite-d-un-philosophe-indigne-castoriad

..

   Castoriadis propose les solutions  d'un intellectuel progressiste et doué de bon sens: il ose dire que sans culture, sans citoyens responsables, et capables , désignés par un tirage au sort, de représenter l'intérêt commun, point de démocratie qui n'en  soit un simulacre;  le tirage au sort préserve des ambitions personnelles, l'autorité ne saurait devenir abus de pouvoir, et chacun se plie aux ordres qu'il est appelé lui-même à donner: voilà qui offre une vision harmonieuse et concrète dela démocratie.

     la France, remarque Castoriadis, est sous l'emprise de groupes de pressions, de lobbies: En effet aux sigles, aux associations, au travail clandestin, aux zones de non droit droit, au parisianisme, s'ajoutent les groupes de pression, qui éclipsent les corps intermédiaires, ont parfois plus de pouvoir que le pouvoir en place,.

.D'où la nécessité d' un espace public uni sans être uniforme, évidemment, ouvert à l'exercice démocratique, c'est à dire aux débats, sous la responsabilité de citoyens égaux en droits, débats fatalement contradictoires, qui ne redoutent pas les conflits quand 'l'intérêt visé est le bien commun, non pas le bien commun de- Ce serait cautionner un des pires avatars de la démocratie: se réduire  " au droit à la jouissance de quelques uns" selon la formule d'Eugène Fromentin- Mais le  bien commun à tous les citoyens d'un pays, à condition qu'il ne soit pas nuisible à  l'espèce humaine, parce que on est homme avant d'être citoyen.

Et à ce propos il faudrait encore rendre hommage à la grande perspicacité de Karl Marx qui dans "La sainte famille ", médite sur la nécessité politique de dissocier l'homme du citoyen: il la considère comme une étape et non comme une fin, la fin souhaitable étant l'inséparabilité effective de l'homme et du citoyen,  de la sphère privée et la sphère publique, au fond ce que dans un langage contemporain Castoriadis souhaite à la Démocratie : l'accord  entre " l'imaginaire  social" et" l' imaginaire individuel".

Cela dit, le citoyen, même muni de connaissances réactualisées, de culture solide etc devra s'incliner devant plus compétent que lui dans les situations dont la gravité exclut toute discussion; aussi la recherche de la démocratie se justifie si l'Etat lui-même bénéficie d'un changement conséquent dont sans doute le plus urgent est que les citoyens puissent se reconnaître en lui et lui fassent confiance, parce le pouvoir décisionnel dans un contexte international aussi illisible et perilleux doit agir sans prendre le temps de consulter même le Parlement;comme le fait remarquer Spinoza les citoyens ne sont pas non plus à la hauteur des décisions à prendre :il faut du temps à une société pour produire des citoyens qui ne se contentent pas de la "doxa" comme les citoyens Athéniens; aussi en attendant des améliorations décisives , il faut un Etat respecté parce que respectable; un Etat à imaginer: et qui ferait inscrire provisoirement dans la Constitution (d'une sixième Repulique) le droit de l'Etat à la confiance absolue des citoyens dans les situations extrêmes où l'action immédiate s'impose: pour mériter cette confiance, l' Etat ne peut laisser l'entreprise libre des choix économiques de la nation:il doit exercer sur elle la même autorité que sur le corps des fonctionnaires et des hauts fonctionnares et se dépenser en pédagogie pour rapprocher intelligemment ces deux frères ennemis: le monde des fonctionnaires et celui de l'entreprise ,donner l'exemple rassurant d'un Etat décidé à la prévoyance ETC.... Il n'est pas possible de s'accommoder d'une Démocratie qui ne serait pas l'alliée d'une nation dotée d'un Eat capable de la défendre:indépendamment d'un gouvernement supranational: la Démocratie ne serait alors qu' une forme de divertissement.       :    .         

   

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