Avec «Jan Karski», Yannick Haenel, prix Interallié, signe un livre juste sur un Juste

Par

Vous connaissez sans doute Jan Karski pour l'avoir vu longuement interviewé dans Shoah, le film de Claude Lanzmann. Le romancier Yannick Haenel s'est emparé de la figure de ce résistant polonais, témoin du ghetto de Varsovie en 1942 pour en faire Jan Karski, un magnifique portrait moral et littéraire, récompensé mercredi 18 novembre par le prix Interallié. Entretien vidéo, extrait du livre et lecture audio par l'auteur.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Haenel est l'anti-Littell: le roman qu'il publie fin août à L'Infini, aux mêmes éditions Gallimard, est l'envers des Bienveillantes. Et pas simplement parce qu'un héros remplace un bourreau. Beaucoup plus profondément, et pour des raisons esthétiques et morales à la fois. Là où Littell écrasait pornographiquement le lecteur sous un rouleau compresseur de près de mille pages, sans qu'à aucun moment il ne lui laisse la moindre place, Haenel lui ménage de l'espace, l'associe étroitement à son projet, le tire vers le haut plutôt que de l'aplatir en l'assignant au rôle, détestable s'agissant de tels événements, de voyeur.