Avec «Jan Karski», Yannick Haenel, prix Interallié, signe un livre juste sur un Juste

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Haenel est l'anti-Littell: le roman qu'il publie fin août à L'Infini, aux mêmes éditions Gallimard, est l'envers des Bienveillantes. Et pas simplement parce qu'un héros remplace un bourreau. Beaucoup plus profondément, et pour des raisons esthétiques et morales à la fois. Là où Littell écrasait pornographiquement le lecteur sous un rouleau compresseur de près de mille pages, sans qu'à aucun moment il ne lui laisse la moindre place, Haenel lui ménage de l'espace, l'associe étroitement à son projet, le tire vers le haut plutôt que de l'aplatir en l'assignant au rôle, détestable s'agissant de tels événements, de voyeur.