L’«Histoire mondiale de la France» mise en examen (4/8): une histoire idéologique?

Par

Un.e historien.ne se doit-il d’être engagé.e, et si oui comment ? Dans quelle mesure le passé est-il susceptible être convoqué par le présent, et l’historien par un événement contemporain ? Dialogue entre les historien.ne.s Ludivine Bantigny et Patrick Boucheron.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Les conservateurs qui ont ciblé Histoire mondiale de la France (Le Seuil) ne sont-ils que des obsessionnels de l’identité française ou bien touchent-ils parfois juste quand ils prétendent déceler, derrière l’œcuménisme affiché de ce projet éditorial, une histoire idéologique qui ne s’assumerait pas comme telle ? Inversement, l’ouvrage Histoire mondiale de la France ne produit-il pas un récit trop consensuel, pour ne pas dire centriste, quitte à gommer certains clivages ?

Autour de Histoire mondiale de la France et de son directeur, Patrick Boucheron, s’est renouée une question ancienne qui taraude les sciences sociales en général, et l’histoire en particulier, consistant à savoir s’il existe dans ce métier sinon une neutralité, du moins une objectivité possible.

Un.e historien.ne se doit-il d’être engagé.e et, si oui, que peut recouvrir ce terme ? Que soutient comme position politique le choix de tel ou tel objet, de tel ou tel point de vue ? Et dans quelle mesure le passé est-il susceptible être convoqué par le présent, et l’historien par un événement contemporain, à l’instar de la mobilisation des gilets jaunes ?

Pour discuter de ces questions, dialogue entre Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen, auteure de 1968. De grands soirs en petits matins (Le Seuil) et de L’Œuvre du temps. Mémoire, histoire, engagement (éditions de la Sorbonne), et Patrick Boucheron, titulaire de la chaire d’histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècles) au Collège de France, directeur de Histoire mondiale de la France et auteur, notamment, de La Trace et l’Aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècles) et Conjurer la peur. Sienne 1338. Essai sur la force politique des images (Le Seuil).

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale

Ces huit rencontres autour de Histoire mondiale de la France sont organisées par Mediapart et la Revue du Crieur dans le cadre de l’édition 2019 du Festival d’Avignon, et en partenariat avec Entre-Temps, la revue d’histoire actuelle, collective et gratuite du Collège de France.

Elles sont organisées en quatre moments :

  • Une lecture d’une des dates qui composent cette Histoire mondiale de la France par des élèves de l’ERACM, l’École régionale d’acteurs de Cannes et de Marseille (5 minutes).
  • Une conversation avec l’auteur de cette date (25 minutes).
  • Un échange critique sur le projet d’Histoire Mondiale de la France (30 minutes)
  • Une discussion avec le public des Ateliers de la pensée du Festival d’Avignon (30 minutes)