La planète, la modernité et nous (1/4). Comment penser la révolution climatique

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L’impact de nos activités industrielles et de nos modes de vie sur la nature est tel que nous basculons dans une nouvelle ère géologique : l’anthropocène. C’est ce qu’affirment des scientifiques, des philosophes et des historiens. Mais cette théorie dilue les responsabilités des pays riches et des classes favorisées. Premier volet d'une série sur “la planète, la modernité et nous”.

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Prendre figure humaine. Dans les mythologies, l’expression désigne un phénomène rassurant, la mise à notre niveau de créatures qui nous dépassent. Mais à l’heure des dérèglements climatiques, cet optimisme n’est plus de bon aloi. Quand l’homme déteint sur la Terre, c’est pour le pire de la biosphère.

Depuis une quinzaine d’années, un concept se diffuse parmi les savants qui étudient l’évolution des écosystèmes : l’anthropocène. Ce néologisme forgé par le prix Nobel de chimie Paul Crutzen désigne le début d’une nouvelle ère géologique, résultant des ravages que les civilisations humaines ont causés à la planète.