Intermittents: la guerre d'Avignon a bel et bien lieu

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« Le festival aura lieu, je ne l’annulerai pas », assure désormais son directeur, Olivier Py. Mais la situation est autrement délétère. Dix jours avant l'ouverture, le « off » contrecarre le « in » et les intermittents grévistes regardent en chien de faïence ceux qui sont dans l'obligation de travailler. Scission inévitable ou symbiose imprévue ? La ville attend.

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Avignon, de notre envoyé spécial.   Trois musiciens d’outre-Quiévrain, au lendemain de la fête du 21 juin, échappent au cagnard avignonnais. Ils déambulent à l’ombre d'une formidable falaise urbaine, point de mire estival de toutes les tribus culturelles et artistiques : le palais des papes. « On va aller organiser la grève en Belgique ! » Ce n'est qu'un simple mot provocateur, lancé au reporter qui s’enquiert de leurs activités. Mais une telle galéjade résonne étrangement avec l'angoisse des responsables du festival de théâtre censé commencer le 4 juillet. La tache d’huile. Ou bien, variante moins locale, la boule de neige. La contagion du mouvement des intermittents du spectacle. Le scénario catastrophe : assemblées générales, débrayages, radicalisation, cessation du travail, tensions, provocations, annulation du festival.