«Underground Railroad»: le roman historique sort de ses rails

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Précédé d’un succès critique et commercial considérable aux États-Unis, le livre de Colson Whitehead promettait déjà d’être l’événement de la rentrée littéraire française. Les récentes manifestations de Charlottesville en font un livre d’une actualité brûlante.

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Underground Railroad a collectionné les distinctions outre-Atlantique : en 2016, la presse américaine l’a élu meilleur roman de l’année, il a été couronné par le National Book Award, le prix Pulitzer… Même Barack Obama – alors en fin de mandat – l’a compté parmi ses lectures de vacances. Et Barry Jenkins (le réalisateur de Moonlight) a déjà acheté les droits afin de l’adapter au cinéma. Une belle moisson pour un livre qui suit l’histoire violente de Cora, une jeune esclave née sur une plantation de coton en Géorgie au début du XIXe siècle. On pourrait se croire en terrain connu : Beloved, qui racontait les tourments d’une ancienne esclave, a reçu le prix Pulitzer il y a presque 30 ans déjà, en 1988. La force du roman de Toni Morrison était de faire d’un récit d’esclavage un roman hanté. Le livre de Colson Whitehead croise lui aussi le roman historique et le fantastique, mais un fantastique sans trouble, sans incertitude : il bascule en un coup – d’éclat – dans la science-fiction.