Canada de Richard Ford : « Le roman est une vérité alternative »

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Canada, de Richard Ford, est présenté partout comme un chef-d'œuvre. Mais l'étiquette est trop simple, elle aplatit un roman qui déroute et se confronte à des « faits têtus ». Le récit lui-même est « têtu », il résiste à une lecture littérale. Éléments de compréhension, via une rencontre avec l'auteur, et premier chapitre du roman en fin d'article.

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Certains romans ne sont pas faits pour le rythme qu’impose la rentrée littéraire et son avalanche de publications. Ces irréductibles exigent que l’on se consacre à eux, de prendre son temps, flâner, revenir à l’œuvre antérieure, douter, s’interroger, longtemps, sur ce que leur auteur a réellement voulu dire et faire. Ainsi Canada de Richard Ford, roman que l’écrivain américain a lui-même porté pendant vingt-cinq ans, avant de se sentir capable d’affronter le massif romanesque qu’il projetait – et de reprendre, raconte-t-il, un premier jet d’une vingtaine de pages (et 400 de notes) qu’il conservait sous enveloppe dans son réfrigérateur.