Alexander Kluge, mémoire d’éléphant

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1 200 pages × 2, et ce n’est qu’un début : de quoi accueillir la prose du monde. Chronique des sentiments, d’Alexander Kluge, est le plus beau des calendriers de l’avent – et de l’après : un kaléidoscope de courts récits, autant de fenêtres ouvertes sur le monde.

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Le livre I de la Chronique des sentiments d’Alexander Kluge, Histoires de base (P.O.L., 2016), s’ouvre sur une mouche. La mouche manque de se noyer dans un verre de Pernod, le narrateur l’en extrait (« Du bout gommé de mon crayon, je la sors du liquide vert et la pose sur l’osier »), elle reprend ses esprits et sa vie, ce qui inspire quelques réflexions à son sauveur : « À supposer qu’elle ait une descendance, sa lignée me survivra. Elle existe depuis 18 millions d’années. »