Joe Sacco, reporter-dessinateur, explore Gaza

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Une histoire dans l'Histoire, le massacre par l'armée israélienne de 275 Palestiniens de Khan Younis, au sud de Gaza, un jour de novembre 1956. Et puis, le reste, quand le Proche-Orient se fait poupée russe ; quand les histoires et tragédies des individus s'entremêlent. Publié début janvier, Gaza 1956, en marge de l'histoire, est une fresque au cœur de la bande de Gaza proposée par le célèbre reporter et auteur de bande dessinée américain, Joe Sacco. Entretien et «bonnes planches».

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Gaza 1956, en marge de l'histoire © Joe Sacco Gaza 1956, en marge de l'histoire © Joe Sacco
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Gaza 1956, en marge de l'histoire © Joe Sacco Gaza 1956, en marge de l'histoire © Joe Sacco

Une histoire dans l'Histoire, le massacre par l'armée israélienne de 275 Palestiniens de Khan Younis, au sud de Gaza, un sombre jour de novembre 1956. Et puis, le reste, quand le Proche-Orient, se fait poupée russe ; quand les histoires et tragédies des individus s'entremêlent comme se superposent les strates des camps de réfugiés palestiniens. Publié début janvier,Gaza 1956, en marge de l'histoire est une fresque, un portrait de 50 années de luttes, de souffrance et de vie au cœur de la bande de Gaza que nous propose le célèbre reporter et auteur de bande dessinée américain, Joe Sacco.

«En faisant ce livre, confie-t-il, on comprend que tout est imbriqué : pour parler de 1956, il faut évoquer 1948 et l'enchaînement d'événements qui y mène. Puis cela devient encore plus important, cela a à voir avec la mémoire, avec la manière dont l'histoire s'effondre elle-même, et comment on oublie.» Entretien et «bonnes planches».

 

 © Joe Sacco © Joe Sacco
Joe Sacco, des milliers de journalistes couvrent le Proche-Orient, scrutant le moindre fait, la moindre inflexion stratégique dans chaque camp. Pourquoi donc avoir choisi de travailler sur la Palestine ?
J'ai d'abord fait ce choix parce que, vivant au Etats-Unis, tout ce qui arrivait à mon cerveau depuis que j'étais enfant, c'était l'équation : Palestiniens = terroristes. Chaque fois que j'entendais le mot palestinien dans les médias, c'était à propos d'une attaque terroriste. Au début des années 1980, j'ai commencé à voir qu'il se passait autre chose : je ne comprenais pas pourquoi Israël bombardait le Liban. Et puis, il y a eu le massacre de Sabra et Chatila. C'est à partir de là que les choses ont commencé à tourner pour moi : soudain, les Palestiniens passaient du statut de terroristes à celui de victimes.

Puis, au fur et à mesure des années, je me suis dit : «Ok, ils ne sont pas seulement terroristes, pas seulement victimes, ce sont des personnes aux aspects très divers.» Et ça, je ne le voyais pas dans les médias américains.
En même temps, je commençais mes études de journalisme. J'étais nourri de journalisme à l'américaine, avec tout le discours sur l'objectivité, tout le blablabla... Et je me suis rendu compte que je n'avais rien appris des journalistes américains, et surtout sur le Proche-Orient et la manière de traiter le conflit !

J'ai donc senti qu'il fallait que je me rende sur place pour capter les voix palestiniennes, que l'on n'entendait pas. Ceci, pour un premier livre, Palestine. Depuis, j'ai fait un peu de chemin. Je connaissais bien le récit israélien, et avec mes recherches, j'ai commencé à comprendre un autre récit, que je veux désormais présenter à ma manière.

Gaza 1956, en marge de l'histoire © Joe Sacco Gaza 1956, en marge de l'histoire © Joe Sacco

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