Face aux textes qui tuent

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Les attentats de Christchurch ont été minutieusement calculés : le jaillissement de la violence devait être particulièrement inattendu – d’où le choix du lieu ; l’effet de la violence décuplé – d’où le choix de filmer en direct ; enfin cette violence visait à être imitée – d’où la diffusion d’un texte. C’est là une spécificité des auteurs d’attentats d’extrême droite : ces gens écrivent. Ils écrivent des textes qui se veulent à la fois des analyses du monde, des plaidoyers pro domo, des hommages aux prédécesseurs, des manuels pour les épigones. On avait pu remarquer que les terroristes islamistes apprécient le cinéma – organisant des mises en scène macabres d’exécutions inspirées de séries américaines (lire ici). On constate désormais que les terroristes fascistes préfèrent l’écrit : à chacun son medium de l’horreur – cette répartition mériterait elle-même réflexion.