Le géographe Eric Charmes trace contours et couleurs de la France périurbaine

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  • 27/01/2019 00:15
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Introduction du livre :
Il faut aujourd’hui prendre au sérieux la boutade prêtée à Alphonse Allais, qui recommandait de « construire les villes à la campagne, car l’air y est plus pur »
J'ai acheté ce livre il y a 3 jours.... et je n'ai pu le refermer avant la dernière page.
Outre son intérêt sociologique.... il se lit comme un roman.
Merci Mr Charmes !

Texte de présentation très confus de thèses elle-mêmes très confuses.

La croissance urbaine de ces dernières décennies s'est réalisée, et se réalise encore de nos jours, selon une suite métastasique de zones monofonctionnelle ultra spécialisées (zones commerciales, zones artisanales, zones pavillonnaires, grands ensembles d'habitat collectif, zones de loisirs, zones de bureaux, etc, etc), à l'initiative de promoteurs eux aussi ultra spécialisés, sans donc  ambition collective politique et projets citoyens de réalisations de quartiers selon des objectifs d'urbanité. Le résultat est un des plus moches urbanismes de tous les pays européens, une contribution importante au désastre écologique ( par la multiplication de  déplacements contraint en voiture), une situation sanitaire très détériorée, et la relégation de populations importantes dans un environnement qui n'est plus la ville, mais qui n'est pas non plus la campagne. C 'est le mode d' "urbanisation", si on peut dire, dominant dans toutes les grandes et moyennes et petites villes de France. 

Vaticiner sur "le droit au village" ou sur "la revanche des campagnes" pour ces zones me semble tout à fait à côté de la plaque. Il faudrait plutôt réfléchir à la manière d'y réaliser l'urbanité, ce qui doit être maintenant, me semble-t-il l'agenda des élus, des urbanistes et des architectes. Ce qui est en effet tout à fait possible. Et faire de l'urbanité, ce n'est pas forcément couper tout lien avec la nature, bien au contraire...

La contribution d'une croissance urbaine aussi impétueuse que non maîtrisée est une des causes essentielles du réchauffement climatique, et ceci devient très grave à l'échelle mondiale. Mais personne n'en parle...on préfère les concepts creux de quelques sociologues peu rigoureux. 

A léopard (les fameuses taches...) léopard et demi, ou plutôt à guépard, guépard et demi ("tout changer pour que rien ne change").

La constante de l'espace péri-urbain, et de son double pavillonnaire c'est la zone commerciale qui alimente par un nombre d'objets sans cesse croissant ces logements, et dont une vague idée peut être obtenue par la fréquentation des brocantes, au fond assez nombreuses et inégales sociologiquement aussi.

Tant qu'il n'y aura pas de culture matérielle commune, je pense aux actuels fablabs et autre hacklabs, Guilluy et Charmes pourrons jouer quelques rôles intéressants sur l'échiquier politico-sociologique des géographes, en soulignant ce qu'on voudra: du fait de la "fractalité" de tout cela, une fraction importante de ces zones est proche d'un bourg, une autre entourée de vraies fermes, telles autres sont obérées par des entrepôts tout ce qu'il y a de plus logistiques, etc., ce qui varie donc les plaisirs à souhait, et donnera cinquante nuances de jaunes aux gilets qu'on y trouvera.

Tant qu'aucune de ses déclinaisons ne combine pas de façon un tant soit peu heureuse une culture conduisant à la maitrise des objets (leur fabrication, leur recyclage, leurs adaptations, et on peut parle d'objets en parlant aussi bien de jardins que de vélos ou d'isolants), on restera dans un circuit "bruité" et des "marches aléatoires". La reprise en main d'une partie de son environnement technique me semble la seule clé pouvant ouvrir à quelque chose, ce que je dis n'étant pas très loin des remarques de Dardot et Laval sur les "communs", et de leur plaidoyer (en jargon sociologique) pour les "praxis" liées auxdits communs. Sauf que tout ça demande pas mal de temps,  celui dont ne dispose pas un parent seul ou une personne dont la seule façon d'avoir un job est de se rendre dispo pour des ménages ou des remplacements aux caisses. Ou encore celui dont ne dispose pas un cadre supérieur pendu à son email dès samedi matin...

 

Votre commentaire est fort juste, merci  il s'agit bien d'un modèle d'aménagement complètement aberrant.

Ça fait 25 ans qu'à l'université, on assène l'argument d'Eric Charmes, c'est-à-dire que des générations d'architectes, urbanistes et aménageurs, urbanistes y ont été biberonés : qu'est-ce que ça change ? Pratiquement rien. Qu'est-ce qu'ils font les professionnels ? Ils/elles se masturbent devant des œuvres d'art à l'école, et dans le mouvement qui suit, ils/elles dessinent des hangars pour des supermarchés, des routes et ronds-points pour des ZAC et pensent des caméras et grillages pour des ZI. Au bon vouloir débilitant de politiques sans idée (enfin si ! celle d'être rapidement 'bankables' pour les promoteurs et le BTP).

Et dans le péri-urbain, il y a de tout : Sceaux et ses bourgeois ; Beauchamp, ses pavillons en meulière, son Boyenval ; Tournefeuille, ses ingénieurs d'Airbus et la Culture ; Plaisance du Touch, ses TS et ses OS, la campagne dégradée, son projet d'hypermarché. Du tout standing ! De l'environnement soigné bercé de services au plus dégradé. Certains s'y prélassent, d'autres s'en satisfont et d'aucuns en chient. Une comédie humaine, elle aussi, traversée d'inégalités.

Si les dichotomies symboliques alimentent la révolte, tant mieux, parce qu'elle est opératoire des deux côtés de la barricade.

Si j'ai bien compris cet article, il manque une dimension importante : L'espace (voir justement H.LEFBVRE) : L'espace villageois, agricole et maraîcher, le jardin, voire même la nature naturelle, toute proche et méconnue ? Je suis persuadé (avec H.LEFBVRE) que la notion d'espace, de perspectives, de nature… est une motivation déterminante de l'actuel mitage résidentiel.

Oui. En prenant un peu d'avance, nous pourrions dire que le gros problème qui va nous arriver est le statut de la "propriété".

C'est d'ailleurs toujours un problème de droit de propriété… de la terre, des progrès ou des moyens de productions et, enfin de la monnaie de circulation. 

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Oui. Sauf que l'habitat et le désir de maison individuelle est en soi ... individualiste. L'Économie ne se résume plus à l'habitat, au logement, et certainement pas au pavillon (1), archaïsme "animal" dévastateur. On peut parfaitement habiter à la campagne, pour des raisons de Bien commun, dans des habitats collectifs. Perso j'ai horreur des pavillons et plus généralement de ceux qui "rêvent" de "posséder" des pavillons: je les considère comme des arriérés. Je ne me sens bien qu'entouré de mes semblables: comme les pingouins.

Entretenir avec le Monde une "relation" "pavillonnaire" est une des catastrophes de ce pays. Le pen-macron le savent très bien. Ce "désir" de pavillon est par ailleurs très largement entetenu par les banques et "promoteurs" délinquants.

(1) Sauf à soumettre ce logement à des obligations très strictes et limitatives du Bien commun: énergie, agriculture, hospitalité, entretien du biotope. S'imaginer "proprio" et "maître" chez "soi" n'a rien d'Humain et représente le contraire de la Civilisation..

Charles  je  n'arrive pas  à  vous  suivre il  faut  quand  même reposer  la  question du  comportement  en société et là avec certains  pingouins  je  vous  souhaite bien du  plaisir ... d'ailleurs  que  le  problème  soit  un  logement  individuel ou un  espace collectif ne  changera  pas  grand  chose  à  la  donne  ... entre  les  parties fines qui  durent  jusqu'au  petit  matin et  les jeux  des enfants  et  des  adultes  dans  les  piscines  ... les  réfractaires aux  odeurs de maquereaux  et  sardines grillées ... les  réfractaires aux vrais  barbecues ... Ou  le  voisin du dessus ou celui du dessous  qui  monte  le  son  de  la  TV bienvenu  au  milieu des  hommes .... je  ne  parle  pas  des  soirées trop  arrosées et de ce qui s'en suit  ...

Ps on  peut  être proprio  et  avoir  le  sens  du  bien  commun  ,  le  sens  du  partage c'est une  question  d'éducation et  de  moralité ...et de comportement  à  l'encontre  d'autrui .

Repenser correctement l'avenir  prendra  du temps dans  le  cas  contraire  nous  allons  vers un  univers  concentrationnaire

Pour une fois qu'on met en avant les conflits d'intérêt qui se jouent dans les petites communes autour de l'urbanisation des terres agricoles de propriétaires qui sont aussi des élus, de l'absence de solidarité qui rendent caduques les associations de communes, bravo, parce qu'en ces temps de bassinage médiatique continuel sur l'absence de pouvoir des maires rogné par l'état, il est bon de revenir aux réalités locales et au pouvoir dispendieux, égoïste et parasite de ces maires dont on aurait dû supprimer les communes depuis bien longtenps.

Sur, que tous ces lotissements qui défigurent les vieux villages et bouffent les meilleures terres agricoles, repoussent l'agro-industrie sur les nouveaux essarts de la croissance agricole… sont une catastrophe aussi bien écologique que sociale ? Parce que les nouveau rurbains sont pas près de comprendre quelque chose à la nature… et qu'ils s'en contrefoutent. 

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