Du geste qui soigne au geste qui tue: «La Vache», de Beat Sterchi

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L’unique roman de l’écrivain suisse allemand Beat Sterchi est un chef-d’œuvre qui nous mène de l’étable à l’abattoir. En chroniquant la vie d’un ouvrier immigré.

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C’est l’histoire d’une vache. C’est l’histoire d’un ouvrier immigré. Ou plutôt : c’est l’épopée d’une vache, c’est la chronique d’une vie d’ouvrier immigré. La Vache (Blösch dans son titre original, le nom de la vache en question) a paru pour la première fois en 1983 : le livre a aussitôt été salué comme un grand texte : « sauvage, démoniaque et lent, magiquement poétique », écrivait à l’époque Die Zeit. C’est la première œuvre d’un auteur alors inconnu, qui deviendra par la suite un écrivain suisse allemand réputé. Mais Beat Sterchi n’a plus jamais publié de roman depuis ce coup d’éclat, coup de massue qu’est La Vache.