Ali Erfan raconte les morts mystiques de ces Iraniens partis combattre l’Irak

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Écrivain iranien, Ali Erfan restitue dans un magnifique roman, Sans ombre, la ferveur inouïe des milliers de tout jeunes volontaires iraniens partis se faire tuer sur les champs de batailles de la guerre avec l’Irak de 1980-1988. Ayant recueilli les récits des survivants, à qui l’on a appris à mourir mais pas à combattre, il leur prête sa plume pour raconter le carnage. Présentation et extraits du livre.

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Dans les livres d’histoire contemporaine, la guerre Iran-Irak (1980-1988) apparaît, du côté iranien, comme un combat pour la défense à la fois de la patrie, de l’identité perse face à un envahisseur arabe et de la révolution islamique qui venait de triompher. On se souvient aussi des centaines de milliers de très jeunes volontaires iraniens qui, la clé du paradis – un colifichet parfois en plastique et fabriqué en Chine – autour du cou, partaient à l’assaut des lignes irakiennes ou allaient se faire exploser sur les champs de mines pour ouvrir un chemin. Cela, sans même la consolation d’accomplir un acte héroïque. Cette guerre fut une effroyable boucherie, qui a sans doute fait un million de morts côté iranien.