La Villa Médicis, une institution à bout de souffle

Par Michaël Moreau

Si la Villa est célèbre pour nourrir grandes polémiques et petits scandales – nominations arbitraires, concurrence féroce, fêtes orgiaques, entre-soi et repli sur soi –, elle est longtemps restée un symbole fort de la culture française à l’étranger. Mais elle apparaît de plus en plus comme une coquille vide, davantage lieu de dépression que de création, peinant à masquer les errements d’une politique culturelle française incapable de s’ouvrir sur le monde. Mediapart vous offre une nouvelle enquête de la Revue du Crieur, dont le numéro 2 est en vente en librairies et en Relay jusqu'en janvier.

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Le cadre : une Villa prestigieuse à 1 100 kilomètres de Paris à vol d’oiseau, avec vue royale sur le Vatican, l’un des plus beaux logements de fonction de la République française. L’objet : une des violentes polémiques culturelles de l’été 2015, avec un palais suscitant convoitises et intrigues dans les allées du pouvoir. Perchée sur sa colline du Pincio à Rome, la Villa Médicis vient, à nouveau, de voir les projecteurs braqués sur elle pour de mauvaises raisons politiques plus que pour des motifs artistiques. Elle a en effet, une fois de plus, incarné les dérives de la monarchie culturelle française et des nominations opaques qui régissent le monde des arts. En jeu : la succession du directeur Éric de Chassey, nommé en 2009 par Nicolas Sarkozy, reconduit en 2012 par François Hollande, et dont le second mandat prenait fin à la mi-septembre.