Prix Interallié : «Gang des barbares». Tout, tout de suite... et après

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Un « roman », comme l'annonce la quatrième de couverture ? Non, ou si peu : Morgan Sportès revisite l'affaire du «gang des barbares» sans verser dans la littérature du vautour. Il reconstitue minutieusement l'histoire d'une bande qui n'en était pas une et ce qu'il fut impossible de voir, ou d'entendre, lors d'un procès à huis clos. Panne de transmission à la fois familiale et sociale, ouvrant sur un vide qui peut préluder au pire. «Rien de plus compliqué qu'un barbare», écrivait Flaubert...

Avec les premières pages du livre

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Dès qu'un livre sur un fait divers atteint densité et précision, on convoque De sang-froid. Mais si Truman Capote avait fait de Perry et Dick, accusés d'avoir massacré une famille entière, le fil conducteur de son récit (avec une certaine empathie), rien de tel chez Morgan Sportès. C'est plutôt l'inverse : l'absence d'épaisseur humaine agit ici comme révélateur. Sportès a choisi de coller au dossier d'instruction, auquel il donne corps, ce n'était pas la pire option.