Quelle nouvelle condition urbaine? Lectures pour les futurs maires

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Tous les commentaires

je verrais bien un projet "Bimby" au Vézinet (je rêve d'y habiter... mais pas toute seule, avec d'autres prolos..).

Une revue bilingue consacrée au concept de justice spatiale qui agite les débats de la nouvelle école de géographie urbaine (émanant principalement de UCLA).

Cette revue est proposée par des chercheurs et professionnels des études urbaines et s'inscrit dans une continuité de théorie urbaine critique initié par Henri Lefebvre.

http://www.jssj.org/

"""Mais il existe d'autres ouvrages et d'autres réflexions parfois nettement plus globales, incluant notamment un rééquilibrage volontaire entre les villes et les campagnes,"""

Vous pensez à quels ouvrages en particulier ?Sourire

 

Excellent article. Merci.

Puisque vous citez Télérama il aurait été intéressant de citer Contre Télérama de Éric Chauvier chez Allia, petit texte littéraire sur la suburbia que je trouve assez réussi.

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  • 28/03/2014 23:23
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Trè intéressant...  mais il est dommage de ne pas exposer en même temps le projet de "villes lentes". Autre approche, autres objectifs, mais vision féconde..

Engager une vraie réflexion sur nos cités est souhaitable. Que les suburbias ne soient pas des zones hors contrôle, pour ce qui est de l'architecture, des industries et commerces, ainsi que de la répartition et de la mixité sociale, tout cela est nécessaire et doit se faire en concertation ouverte et éclairée.

On doit redonner forme à la ville et ses pourtours, autrement qu'avec l'ignoble modèle des "gate comuninites" à l'américaine véhiculant des idées d'apartheid... Des murs, des caméras, des entrées avec patte blanche, et des petits paradis à l'intérieur, pour classes moyennes ou supérieures, coupées du monde réel... On doit pouvoir faire bien mieux ... à moins de ne pas être une société adulte.

 

 

 

 

Ce serait intéressant de débattre avec les paysans qui voient leurs terres rogner un peu plus chaque année pour construire des immeubles de luxe pendant que dans les villes et périphéries de ces villes des logements sont vides.

 

Dans ma campagne, ce phénomène devient de plus en plus choquant. On voit "terrains à bâtir" alors qu'à 10 ou 20 kms à la ronde des maisons inhabitées tombent en ruines. D'autre part, la culture vivrière doit être sans arrêt repousser loin des villes ce qui entre en contradiction avec les économies d'énergies qui seraient nécessaires  et la pollution , les inondations, les éboulements de terrains.

 

Je n'y connais pas grand chose en urbanisme par contre je commence à comprendre que le pouvoir de la finance et des promoteurs n'a pas de limite, l'absence de transparence occulte  les conflits d'intérêts entre ceux qui décident et votent les lois et les intérêts privés des bétonneurs.

Annie, oui le gros Pb est bien là. Faut plus raisonner en terme de Ville/Campagne mais plutôt en terme de Territoire/Espace…Bref, si notre Pays accueille autant de Touristes ou d’ Anglais dans certains coins c’est qu’on y est pas si mal. Les déplacements sont faciles ( réseau routier+++), on peut encore se soigner et y pratiquer toutes sortes d’ activités ( sport, culture – les 2 - !! etc…) . Dans ma petite grande ville y’a 30 ans j’avais des horticulteurs au bout de ma rue…Pour connaître ma région ( déplacements Pro ) c’est avec grande tristesse que je la reparcoure. Je n’y retrouve plus rien…le vide. Plus de petits hôtels, restau, bistrots, mécanos…le vide !!! La roue tourne, que le Maréchal-ferrant ait disparu Ok, mais rien pour le remplacer…

[ Je n'y connais pas grand chose en urbanisme ] dites vous, moi non plus, mais je sais comment devraient être nos territoires demain. Faudrait tout simplement que nos urbanistes et autres professionnels de la ville fassent comme moi qui ai le temps : se poser sur un banc, une marche, n’importe ou et prennent le temps de regarder/voir/comprendre comment ça fonctionne.

Egalement pour moi qui regarde la ville d'un côté et la campagne de l'autre, je suis très inquiète de voir les terres arables aspirées par de nouvelles constructions et du béton ! Avant, on avait cette ceinture verte qui donnait à manger à la ville. Aujourd'hui, on la cherche ! A se demander si un jour on aura pas dans nos assiettes du béton plutôt que de la nourriture "vivante" ! Ok, on aura des pastilles pour tout repas ! Pouah!

"…elle fait pourtant preuve d’un dynamisme qui ne se contente pas de louer l’énergie pour l’énergie mais qui, de manière dialectique, objective cette négativité pour la dépasser "

Un dynamisme relativement limité dans le temps, c'est à dire uniquement durant les créneaux d'ouverture des commerces, passé 22h00 ces zones sont d'une inactivité déprimante.

".... la manière de re-densifier la ville, non pas en recréant des entassements de grandes barres, mais par un habitat individuel contrant l’étalement pavillonnaire à base de petits immeubles finement agencés sur le parcellaire"

Surtout pas car c'est là que le bât blesse, il faudra si l'on veut se projeter réellement dans le futur (2100/2200) acquérir une notion verticale de l'habitation, c'est à dire très, très en hauteur afin d’économiser l'espace au sol pour le cultiver, et aussi loger tout le monde.

Il est urgent de se remettre en question et de penser aux générations du grand futur, ce qui est à l’opposé du travail des maires et autres ministères du logement. L’étalement horizontal est révolu et destructeur d’espaces naturels.

Le Corbusier avait à son époque compris la philosophie de l’habitat. La réalisation de ses projets reflétait l’organisation sociétale nécessaire à cette révolution de l’habitat. Mais l’amplification des liens sociaux n’est pas suffisante.

Les habitations futures, tours gigantesque,  devront être des villes à part entière, ou l’on y travail, se divertit, dort, se soigne, né et meurt.

Des tours cités de centaines de milliers d’habitants, aux liens sociaux puissants, et à l’espace vital totalement repensé, pour économiser l'espace naturel indispensable à toutes les formes de vie existantes, et pas seulement humaine. Fini les austères cages à poules, mal insonorisées, et asociales. Fini les flux migratoires motorisés chronophages. Mais tout cela nous demande une évolution peut être encore au-delà du compréhensible.

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-p/040314/demographie-etalement-urbain-economie-liberale-l-engrenage-du-dereglement-climatique

Vous dites : ‘’ acquérir une notion verticale de l'habitation, c'est à dire très, très en hauteur ‘’

Ben dites donc, va aussi falloir modifier une peu nos gènes pour nous apprendre à grimper à vos magnifiques tours… C’est vrai que nous descendons du singe, nos jeunes peuvent avoir été entraînés à l’escalade Ok, et les vieux ou père-mère avec le petit + poussette et commissions ??? Faut prévoir de bons groupes électrogènes de secours pour les ascenseurs. Et une bonne maintenance parce que quand ça tombe en panne… Le soir, ascenseur en panne, prévoir une tente pour la nuit en attendant le dépanneur ??? Le Corbusier avait conçu des trucs pas très hauts ou tout le monde était sensé se connaître et s’entraider !!!

L’habitat vertical moi je veux bien, en Tours ??? Non en Plates-formes, un peu comme celles de forage ou tout se mélange…Redescendez de votre Tour Mr philippe P. 

Comme quoi vous confirmez parfaitement ce que j'écris il va aussi falloir modifier complètement nos paradigmes. Vous avez une notion excusez moi le termes "extrèmement restreinte" de l'habitant vertical. Lisez le livre de R Silverberg "les monades urbaines", documentez vous sur les travaux de Le Corbusier, et surtout pensez les villes dans 100 ans, c'est à dire un bébé naissant aujourd'hui : comment arrivera t-il à vivre si l'on continue comme ça ? Ou pourra t-on produire la nourriture nécessaire à 10 ou 11 milliard d'humains, en préservant les espaces naturels restants ? Essayez de penser avenir sans phobies mais avec pragmatisme. Moi je reste dans ma tour, une tour humaine pas une cage à poules !

Bof, rien de nouveau, il y a en INDONESIE des peuples aborigènes vivant dans la forêt, qui font leur habitation au sommet des arbres à 10 m du sol (vu un documentaire sur ARTE ou la 5) ! Leurs enfants qui vont à l'école privée ((religieuses), pour la plupart décident de vivre dans des logements comme les nôtres. La culture de leurs pères qui avait un sens, se protéger des animaux (tigres, ..) et des attaques de leurs voisins ou étrangers tend à disparaître au profit de l'habitat moderne !

C'est fou ce qu'on peut apprendre des autres peuples sur notre propre passé. C'est fascinant !

Et notre présent contemporain quand il appartiendra aussi au passé c'est que l'humanité aura conçu une autre façon de se loger, genre station orbitale ou sous les océans ! Brrr, ça fait peur !

Ma notion extrêmement restreinte de l’habitat vertical est due au fait de l’emploi du mot ‘’ Tour ‘’. L’habitat vertical existe depuis belle lurette en montagne par exemple, je pense aux refuges que l’on trouve dans la montagne libanaise, très impressionnants et très belles vues ! Comme vous oui je pense à la ville dans cent ans d’autant plus que j’ai maintenant tout mon temps pour observer, comprendre comment elle fonctionne aujourd’hui. Et j’imagine parfaitement un méli-mélo de câbles reliant les points  hauts de la ville… Ce qui coince, est que nous débutons à peine, en France à construire sur plate-forme, le Vaudreuil près Rouen par exemple, quelles leçons ??? Et quand je parle de plates-forme en zone inondable, la Loire ou j’habite, je me fais flinguer ! On commence à peine à modifier les règles d’urbanisme pour imposer les pièces vitales/refuge en R+1…Quand je verrai une grande belle plate-forme en R + 2 ou 3, bien arrangée, toute verdie, dans le lit de ma Loire, je serai prêt à passer aux étapes suivantes, petite, puis moyenne, puis grande Tour. Maintenant qui vous permet de me prêter des phobies, d’ailleurs lesquelles ???

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  • 29/03/2014 10:14
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en conclusion, on aurait pu ajouter "...la ville marchande." parce que c'est la première fonction de la ville.

On a l'impression en lisant l'article au demeurant très intéressant que des millions de gens, venus des campagnes, d'Afrique, ou d'Asie se sont levés un jour en se disant :"j'ai envie de vivre dans des cages à lapin , dans des barres, de passer des heures dans les transports etc, etc". On trouve des villes immenses dés l'antiquité comme centres administratifs et commerciaux, puis avec l'extinction des empires, les villes émergent beaucoup plus petites comme centres de foires commerciales, de création artisanale, puis beaucoup plus tard, à nouveau come centres politiques. Quelle est aujourd'hui la fonction de la ville, alors que la production industrielle les a déserté, que l'essentiel de l'activité urbaine se trouve dans les services et pourrait donc également déserter la ville. La fonction quasi unique de la ville aujourd'hui, est à mon avis de faire gagner de l'argent aux entreprises du BTP, aux promoteurs, aux marchands de loisirs et spectacles, aux constructeurs de tramways et autres métros, et les urbains y jouent le rôle du bétail dans les étables, et en plus ils payent pour cela. Alors que des millions d'hectares se désertifient humainement et écologiquement, des architects nous proposent de transposer la nature dans des tours: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et rénumérateur.La migration de l'humanité dans les villes est le produit d'une violence inouie (relire les chapitres xxv et suivant du Capital consacrés à l'eviction des paysans anglais) et elle est liée au développement du capitalisme. Il ne me semble pas que les problèmes de l'organisation spatiale de l'humanité puisse être réglée sans que soit supprimer d'abord le système qui a créé les villes d'aujourd'hui.

intéressant cet article qui donne envie d'aller plus loin et de se plonger dans les revues. Les vrais enjeux sont là. Il y aurait beaucoup à dire aussi sur la programmation systématique et le pouvoir des ubanistes et techniciens: les villes attachantes sont celles qui ontlaissé place à l'imprévu et au chaos, comme le dit trés bien l'architecte Lucien Kroll.

Pas d'accord avec le démarrage de l'article, l'aménagement de la ville à horizon de 20-30 ans a constitué le coeur du débat municipal de Toulouse, engloutissant d'ailleurs tout le reste. Ici on ne peut accepter de laisser s'étendre la ville sur 80 km. Il faut densifier le proche centre ville, voir le centre ville, ce qui sinigifie la construction de petits immeubles à la place de maisons, d'ailleurs les propriétaires de certains quartiers, en particulier à proximité du CEAT Jolimont qui va être transormé en résidence avec 25 % de logement social, l'on bien compris: ils cherchent à faire classer leurs pavillons des années 1930 (particularisme de déco extérieure, carrelages anciens aux murs et planchers). L'autre versant de ce débat ce sont les transport, même le front de gauche s'y est mis préconisant l'investissemnt dans des dessertes tramway des nouvelles constructions neuves.En la matière que ce soit la droite ou la gauche voir le front de gauche, l'argent va à l'argent dans la priorité des dessertes (Blagnac, l'aéroport, bientôt Labège avec ces centres de recherche, de services informatiques et tutti quanti)....et pour compenser l'emprise augmentation des bus de desserte, une candidate préconisant une flotte de minibus s'arrêtant à la demande.

Le dernier point est l'ouverture des quartiers populaires, leur rénovation, leur réquilibrage....le souci étant que malgré une consultation d'utilité publique où les habitants sont confrontés à des projets flous, en particulier de relogement dans une ville où 75.000 demandes d'hlm ne sont pas honorés, la seule réponse est l'expropriation des propriétaires-travailleurs immigrés qui à force de travail se sont payés un bien, refusant d'être indemnisés à la moitié du prix du marché, la somme qu'il recevrait représentant seulement l'acquisition d'un studio ou d'un garage, alors même qu'il vivent en appartement.

Côté investissement social, rien, apparemment il ne reste pas d'argent, on ne peut investir à la fois sur le futur et sur la restructuration de jeunes en perdition qui faute de prise en charge resteront des bombes auto-destructrices à retardement.

Toulouse continuera donc à produire des Airbus, des satellites, de la convivialité et de la culture pour ceux là et un fort taux d'atteinte aux biens et aux personnes qui la classe dernière en matière de sécurité parmi les grandes villes avec quelques Mehra en prime..

Bref quand tout projet de droite ou de gauche consiste à investir seulement sur l'espace urbain et pas du tout sur les habitants en difficulté, l'abstention est la symétrique de l'indifférence aux autres manifestée par une telle politique, d'autant que le gouvernement socialiste au niveau national pratique la même politique qui consiste à se se préoccuper seulement des grands équilibres économiques et financiers sans solidarité aucune avec ceux qui subissent la crise.

Bonjour

Ce que je crois plus probable :

http://blogs.mediapart.fr/blog/raymond-samuel/130413/une-issue-pour-les-chomeurs-une-seule

 

 

 

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Merci à Aurélien Pic pour ses photos.