Se faire un monstre de Mitterrand

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Fin 1946, Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-de Gaulle animent une association de déportés sise rue Guynemer, face aux jardins du Luxembourg, dans le VIe arrondissement de Paris. Leur local occupe un édifice qu’avaient réquisitionné les nazis durant l’Occupation. Le Vatican, propriétaire des lieux, fait valoir ses droits pour récupérer son bien auprès du gouvernement français. L’association de Geneviève Anthonioz-de Gaulle et Germaine Tillion est expulsée, l’immeuble bourgeois de la rue Guynemer rendu à son bailleur légitime. Les premiers locataires à profiter de l’aubaine sont l’ancien ministre des prisonniers, déportés et réfugiés, Henri Frenay, ainsi que François Mitterrand, ancien secrétaire général aux prisonniers et victimes de guerre, futur ministre des anciens combattants (à partir du 22 janvier 1947). Le symbole est lourd. François Mitterrand s’en accommode : il logera là jusqu’à l’achat de la rue de Bièvre, au début des années 1970.