Rentrer hors des clous

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Rentrée des classes, rentrée sociale, rentrée littéraire... Pour son nouveau numéro, la revue Vacarme consacre son chantier et son texte d'ouverture aux différentes manières de ne pas rentrer, ni dans le rang, ni dans les clous, ni au bercail.

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La plupart des rentrées ne sont que des rappels à l’ordre, comme des sortes de déclinaisons infinies du mot que Marcel Jouhandeau aurait adressé, suivant la légende, aux manifestants de Mai-68 : « Rentrez chez vous ! Dans vingt ans, vous serez tous notaires. » Misère perpétuée de cette espèce d’essence pure de la pensée réactionnaire : rien ne sert de sortir car chacun finira par rentrer dans son lieu, dans sa classe, dans l’immuable ordre du monde. Ô toutes ces foutaises et tous ces mensonges : rentrée des classes, rentrée économique, rentrée littéraire – toujours enjoindre chacun à revenir à ce qui doit se penser, s’entreprendre, s’écrire. Même la rentrée sociale est devenue une blague : « cette année, ça va chauffer », eh oui, ça va chauffer – et puis rien.