François Mitterrand, collectionneur ahurissant de livres et autographes

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Un homme peut-il être réduit à sa bibliothèque ? « C'est selon, comme on dit dans ma Saintonge natale » : ainsi aimait à répondre, dans un sourire à la fois marmoréen et madré, François Mitterrand aux journalistes qui l'interrogeaient, en 1988, sur sa volonté de briguer un second mandat. Un ultime « c'est selon », post mortem, nous est adressé par celui qui croyait en les forces de l'esprit, à l'occasion d'une vente pleine d'instruction : une infime partie – infiniment éclairante – de la bibliothèque de l'ancien président de la République sera dispersée, les 29 et 30 octobre, par la maison Piasa, fondée l'année du trépas de François Mitterrand, en 1996, puis tombée en 2008 dans l'escarcelle de Laurent Fabius, Jérôme Clément, ainsi que d'autres huiles socialistes d'une honnête aisance et fort sensibles aux lois du marché.