Edith Tudor-Hart, mise en lumière d'une femme de l'ombre

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Elle fut espionne communiste dans l’Europe gagnée par le fascisme ; elle fut aussi une grande photographe. Le récit-enquête de Peter Stephan Jungk relate la vie de sa grand-tante, éclaire l’engagement d’une génération, loin des clichés sur la guerre froide qui ont dernièrement inspiré tant d’écrivains et de réalisateurs. 

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Le premier chapitre de La Chambre noire d’Edith Tudor-Hart ouvre sur la grande roue du Prater de Vienne. Vous pensez au Troisième Homme, vertige de la vérité révélée et grinçante élévation au-dessus de la ville détruite ? Vous avez raison. La référence n’est pas gratuite. Graham Greene, auteur du scénario, avait été recruté au MI5, les services secrets anglais, par un certain Kim Philby, le plus connu des Cinq de Cambridge, qui renseigna l’URSS durant des décennies. De Kim Philby, il sera souvent question dans le livre. Et l’une des premières photos que prit Edith Tudor-Hart, jeune juive communiste des années 1930, avec appareil tout neuf le fut depuis cette grande roue. Son cadrage d'alors évoque directement ceux du film, tourné vingt ans après par Carol Reed.