La dynamite des désirs et interdits

«Le sexe, et peu importe avec qui on le fait, ne devrait jamais nous faire peur.» Cette phrase pourrait être la leçon apprise par des écrivains algériens, marocains, libanais, égyptiens... qui osent poétiser et s'affranchir des tabous si religieusement politiques.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«J'aime faire l'amour avec des femmes mûres. Cela doit me venir de ma tante, la sœur jumelle de ma mère, qui m'a dépucelé. Dans la grange où nous nous retrouvions, elle criait fort le nom d'Allah au moment de jouir. Ensuite, j'ai connu d'autres femmes. Toutes m'ont apporté des choses. L'alcool, le tabac, les livres de roumis.» «Mais c'est affreux!» s'exclame une internaute sous les lignes extraites de Festins de mensonges, que l'écrivain algérien Amin Zaoui a publié en 2007. Et quelques lignes plus bas, elle précise le motif de son indignation: «Jouir en criant le nom d'Allah, c'est blasphème.» Et ainsi va le désir, en contrées contradictoires... De l'extrême sensualité, libertés affirmées, tolérances, à l'enfermement, la crainte, la répression, l'extrême hypocrisie...