Patrick Boucheron: pourquoi le Moyen Age nous parle politique

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j'aime pas la méthode, brouillonne, qui part du principe que tout est dans tout.

Je préfère un Hobsbawm qui trace l'évolution du capitalisme occidental et plus largement du progrès technique, aboutissant à une société organisée en classes, sans jamais se poser la question d'ailleurs si ce n'est la construction de ce rapport social qui a déterminé notre développement plutôt que les vulgaires questions de techniques et de fric.  Il est très occidentalo centré, mais il décrit bien notre histoire, qui n'est pas l'histoire du monde même si elle l'a marquée de ses soubressauts..

Je préfère ce chercheur de l'INRA qui a fait une somme sur l'histoire de l'agriculture en afrique, en accès libre.

Je préfère un Ibn Khaldoun, qui, dans son ouvrage Muqaddima, ou dans cet autre "Livre des considérations sur l'histoire des Arabes, des Persans et des Berbères" introduit une méthode précise et critique des sources et met les évènements en perspective pour déterminer les causes de la montée et du déclin des dynasties arabes, en étudiant les relations entre clans. C'est le point de départ orphelin resté longtemps inconnu de la sociologie moderne, 14° siècle.

Je préfère qu'au bout du parcours où chacun se restitue sa propre histoire, l'on se penche sur l'histoire des influences et des apports de chacun et pas forcément uniquement vers nous.

Sinon à vouloir tout mélanger on n'y verra clair sur aucun sujet comme si un colloque d'historiens occcidentaux pouvait balayer et notre histoire et celle des autres mondes..

Mais j'aime bien ces anglais iconoclastes qui fracassent les portes des lieux saint historiques, quand bien même auraient-ils torts, ainsi de cet historien anglais qui soulignait qu'à part la réorganisation sociale et politique, la révolution française n'avait débouché que sur une mesure tangible, le morcellement des terres agricoles, aberration d'efficacité n'ayant permis par la misère que ceci a entraîné que la naissance du premier prolétariat français, les canuts.

Ils posent les vraies questions que nomme-t-on révolution, quels changements volontaires ou pas dans l'organisation de la production elle apporte, au regard de l'efficacité quels en sont les effets, et au regard du bien vivre aussi, ai-je envie d'ajouter..

Alors quand j'écoute les politiques, je me dis toujours, ce sont les actes qui vous définissent pas le bla bla bla dont vous les entourez.

c'est vrai qu'il a peur lui même ...  mais c'est un historien de l'art 

Il est rare d'entendre un historien non-historiciste, indemne de toutes ces fadaises sur l'objectivité, l'impartialité, et autre neutralité pourfendues par Howard Zinn. Etranger à cette idolâtrie des sciences dures qui ravage toutes les sciences molles, histoire comprise.

Ah oui, j'allais oublier, Merci Médiapart

Merci! Entretien écouté, apprécié et recommandé! Belle conclusion philosophique sur le point de vue, le dégagement, le pas de côté.

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  • 31/10/2013 10:46
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Ne pas "conjurer" la Peur mais "s'en affranchir" ,  prendre "conscience" de nos conditionnements , la Révolution des consciences par la connaissance de soi dans notre relation avec ce qui nous entoure ,  "etre libre" !

S'affranchir de la dépendance , de l'autorité c'est s'affranchir de la Peur ! rejetter une erreur dont  on a porté le fardeau pendant des générations.

 http://blogs.mediapart.fr/blog/zargos/150913/la-liberte

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  • 31/10/2013 11:54
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Passionnant, merci.

Merci, cet entretien est une ouverture magnifique à tous les assoiffés d'histoire ... Bravo Médiapart.

Excellent entretien !

Cela donne d'autres angles de recherche.

Merci.

Passionant, salutaire, enrichissant. Merci !

Une remarque cependant: Alors qu'il est question des comportements individuels qui dans une démocratie peuvent conduire à son affaiblissement ou à sa remise en cause, voilà que pour évoquer une recherche sur internet, plutôt que de parler d'un "moteur de recherche" ou d'en nommer d'alternatifs, vous citer celui qui domine et n'est pas précisément un ardent défenseur de la démocratie. Nous le faisons tous, souvent, pourtant...

Ne devrions-nous pas prêter d'avantage attention à la façon dont la langue de la pensée dominante pénétre notre language et façonne nos comportements, comme le décrit Victor Klemperer dans "La langue du troisième Reich". Ne devrions-nous pas être aussi des résistants de la langue ?

C'est un thème sur lequel nous réfléchissons peu me semble t'il ?

Remarque amicale bien sûr et toute d'admiration et d'encouragement pour le travail que vous faite.

"Ne devrions-nous pas prêter d'avantage attention à la façon dont la langue de la pensée dominante pénétre notre language et façonne nos comportements, comme le décrit Victor Klemperer dans "La langue du troisième Reich". Ne devrions-nous pas être aussi des résistants de la langue ?"

Faut demander à Mediapart d'inviter Noam Chomsky :)))

Il faut suivre également les interventions d'Antoine Perraud sur Médiapart ;)

Superbe exposé et un journaliste qui laisse le temps à son invité... Merci :)

Plus d'historiens sur Mediapart svp !!

Patrick Boucheron se demande en effet s'il est « si pertinent de chercher, comme le fait Jack Goody, une bigarrure de Renaissances ailleurs qu’en Europe, dès lors que le nom même de Renaissance ne désigne rien d’autre que la prétention qu’eurent les Européens à se réserver l’usage exclusif du progrès en histoire ? ».

Il me semble a la relecture de Goody que ce que ce dernier a surtout établi, c'est que la "prétention des européens à se réverver l'usage exclusif du progrés en histoire" reposait sur l'oubli (ou la méconnaissance) de l'hisoire extra occidentale. Et qu'il en donne une preuve qui me semble substancielle : l'occident est corrélé au capitalisme, et ce dernier lui même est corrélé à une inovation fondamentale de la renaissance, la "comptabilité en partie double". Qui joue un role essentiel dans l'avénement du capitalisme bien entendu, mais aussi des sciences "modernes". Or goody montre que cette "inovation" était aussi présente dans la société et la civilisation indienne... Cela change pas mal le regard qu'on peut avoir sur tout une série de question, me semble t il...

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  • 01/11/2013 19:47
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Entretien et initiative remarquables.

Très intéressant ce que dit Patrick Boucheron à la vingt-sixième minute ! Et aussi ce qu'il dit à la quarante-huitième minute.

Entretien de haute volée, un vrai bonheur! Merci pour votre initiative, M. Confavreux.

Le pas de côté me semble en effet indispensable pour réenclencher un regard vivant sur notre réalité aplatie par les médias, figée par les politiques. Entretien passionnant d'ouvertures.

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