Séries, saison 2: «The Wire», le tempo de l'après-catastrophe

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Il y a un avant et un après The Wire. Une série dont la majorité des protagonistes sont noirs, sans héros unique, qui tire le portrait de Baltimore, presqu'île sinistrée du capitalisme. Sept philosophes, critiques et littéraires se livrent à une Reconstitution collective de la série culte.

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The Wire (Sur écoute en version française) est une série culte: vous le lirez partout. Vous lirez aussi série «policière»; justement pas. Une série-monde? Bien plus.C'est aussi une œuvre particulièrement mal diffusée en France qui doit beaucoup au bouche à oreille, au téléchargement ou aux DVD. Ce qui, finalement, ne lui va pas si mal. The Wire, qui en cinq saisons tire le portrait de Baltimore, Maryland, bousille les codes habituels, se fiche du cliffhanger, explore le centre à partir des périphéries, la drogue à partir de ceux qui en vivent et en meurent, le capitalisme à partir de ses décombres. Apparemment réaliste, mais c'est, comme l'écrit Emmanuel Burdeau dans le livre dont il est question ci-dessous, «une série plus mystérieuse qu'on pourrait le croire. (...) Nous regardons un documentaire sur Baltimore. Non, nous regardons une pure fantasmagorie».