Rjevskaïa, du bunker de Hitler aux silences de Moscou

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Pendant quatre ans, elle a marché avec l’armée rouge vers l’Allemagne. Pendant huit jours, elle a sillonné Berlin cherchant à faire identifier la mâchoire de Hitler. Pendant vingt ans, elle a demandé à accéder aux archives de la guerre. Rencontre à Moscou avec Rjevskaïa, octogénaire qui écrit toujours.

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Elle si menue, dans le fauteuil moutarde, couleur vedette de l’époque soviétique, entre la table dressée pour le thé et la bibliothèque qui grimpe jusqu’au plafond. Elena Rjevskaïa n’entend pas toujours bien, mais son regard accroche et scrute celui de son interlocuteur. Y perdure la très jeune femme aux yeux obliques, sanglée dans l’uniforme de l’armée rouge, interprète de guerre, qui en mai 1945 sillonna Berlin en flammes et ruines, la mâchoire de Hitler dans une boîte doublée de satin rouge. A la recherche du dentiste agréé par le Führer et d’une identification certaine. Ce qui, mais elle l’ignorait alors, n’entrait pas du tout dans les plans de Staline.