Rjevskaïa, du bunker de Hitler aux silences de Moscou

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"Dès lors, elle note. C’est strictement interdit, mais elle note. On fusille pour cela (ne pas laisser de documents entre les mains de l’ennemi), mais elle note."

Une existence hors normes, qui a su se faire révélateur de l'Histoire, merci de nous l'avoir fait découvrir de cette (belle) façon.

 

merci pour cet article

qui invite à lire le fabuleux

"baiser de la sorcière"

de p bergougnioux

Oui merci pour cet article et merci pour rapellant que l'internationalisme est notre destin, notre mode de vie et souhait commun naturel et ceux qui l'opposent possedent tout simplement des problemes psychologiques emanant de leurs enfances auxquels ils n'ont jamis su faire face ou resoudre.

Nous les etres humains de la planete Terre - nous ne somme pas differents - nous sommes tous les memes.

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  • 04/06/2011 02:18
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Dans un témoignagne dont je suis certain ( mon pére):

Appellés sous les drapeaux en 1937

démobilisable en septembre 1939

Manque de chance , la mobilisation est intervenue avant !!!

Les troupes américaines et alliées britanniques ont vonlontairement "évité" les camps de prisoniers et " d"autres" dont ils connaissaissaient parfaitement l'implantation ( depuis 1943 sûr !!!), pour faire la course à "la victoire".

Ce sont les soviétiques, les russes, qui ont pris soins, réalimentation, réhydratation, vétures, hygyéne , des prisonniers "gefangener" Français, anglais, russes...., aussi mals traités que le pire des esclaves, avec autant de d'humiliations de derniers ordres et de traitements inhumains et mortiféres qu'a subit le pauvre peuple juif, dont les camps exterminatoires qui étaient , d'ailleurs a trés grande proximité des premiers ( voir Bochum et Olszlybeck, poméranie).

Ce sont également eux ( les russes soviétiques) qui ont libérés et aidés ( vus par de multiples témoins gefangener) les pauvres personnes des camps d'exterminations (notamment Olszlybeck III tout proche, 1,8km).

Les armées " alliées" (Américaines, britanniques...) se sont contentées d 'ensevelir les corps avec des pelleteuses ou bulldozeurs, effaçant , ainsi, les preuves!!!

Pour en revenir aux Français et mon pére,combatant dés 1939 dans l'armée sur la ligne maginot et jusqu'à 15 jours aprés l'armistice de Pétain car non au courant de cet événement,par manque de communication ,et ,ensuite, avec ses compagnons de combats, dénoncés et vendus par les officiers Français qui étaient tous déserteurs pour rejoindre la " nouvelle autorité"

Laissés sans munitions ( fusils leblel 1917) et nourriture , ces combatants Français ont tentés au bout de 15 jours ( aprés l'armistice dont ils n'teaient pas informés et abandonnés des superieurs) de rejoindre ce qu'ils croyaient les forces de combat.

La population civile les informant de la défaite, ils ont tentés de rejoindre " NO PASARAN" pour lequel ils avaient luttés en 1936.

Errant,à pied, bannis par la population française de la frontiére prés d'ACHEN acquise aux discours de pétain, ils continuérent leur route, et, ce qu'ils ne savaient pas, vendus pas leurs ex-officiers aux nouvelles autorités allemandes, ils se sont fait prendre , comme disait mon pére " aux pattes", par de "joyeux rigolards" soldats allemands habillés en chemisette et habit d'été qui étaient sur une auto-mitrailleuse ( les soldats Français avaient des bande moltiéres , et capotte d'hiver, et il faisait trés chaud!!!!)

Armes modernes et chiens font reculer ( sur 96 du départ, nos soldats baroudeurs n'étaient plus que 10, les autres, restés en route malades, morts de faim , épuisements, quelque uns devenus fous etc..), ils faut dire que la "balade" a duré ( pour mon pére) , se cachant, esquivant, dans un pays devenu Allemand, pendant plus de 1 mois.

Il échappe, (ignorant des vrais évenements) voulant retrouver sa France, sa mére sa soeur, ses fréres ainés,son pére, sa ferme.

Dénoncé par un brave lorrain Français, ... il est pris aux pattes

Kommandantur, gestapo, interrogation, il fait l'idiot,ont l'envoi, avec plein d'autres,de toute nationalités, sérrés, dans des wagon à chevaux.

Paille,crasse, urine, fécés, poux pas d'eau ni pain.

36 heures de voyage lent et il voit Stuttgart

2 jours sous le soleil

pas d'eau , 2 patates

Le train repart, plus de notion du temps, sérrés, pas de commodités, 150 dans un wagon de 30 "chevaux"

Il écrit, 3 jours, puis descente, sur une planche. Baraque.Faim.

Il est à Olszlybeck stg II, mais ne le saura qu'aprés.

Il y a des sénégalais, des polonais, ( les russes sont excutés dés leur arrivée), quelques belges.

Créve de faim, 2 patates nagent dans de l'eau douteuse par jour .( planche en travers d'un fossé pour la cagade), certains y tombe et s'y noie!!!

Beaucoup meurent de typhoide sur la planche et en tombe!!!

Pour survivre, il s 'incrit au travail ( Arbeit(Werk) der Gefangenen), car mieux nourri ( ils ont le droit a de la farine dans l'eau!!!).

Par contact discret avec la population ( une femme anti nazi et son gardien à lui qui est un ancien de 14 qui ne peut pas voir hitler, malgré qu'il soit le 2000 éme inscrit au parti par obligation ), il obtient une grammaire allemande ( je la posséde encore).

Grace à celle a celle çi il apprend l'allemand en toute discrértion, lire, écrire, parler les 3 Allemands ( Pour parler ,écoute, observation) .

Il ne revéle jamais aux allemands qu'il comprend tout !!!!!

Cela, lui sauve la vie, plusieurs fois, devant les intérogatoires de la gestapo ( l'investigation est continue!!!)

 

Prisonnier de guerre, cela ne l'empéche pas de subir des exépriences, picure expérimentale dans les poumons.

Résultat , un poumon en moins.

puis ont les a " baladé "de loin en loin en fonction de l'avancée russe

de pire en pire ( beaucoup de mort, exécutés en route)

Mais ce sont les russes qui les ont sauvés, les Américains, ont " ferme les yeux" devant l'immonde!!!!!!!

J'arrrête là, l'histoire est trop longue, mon pére a refusé de l'écrire et n'a pas tout voulu me dire, mais je me rapelle de chaque mot, de chaque fait, et aprés, j 'ai trouvé des preuves et témoins.

J'ai que des bribes ( beaucoup de gens décédés aujoud'hui , et documents perdus depuis), mais j'en ai.

C'est pour cela que la lutte pour la vraie humanité DOIT CONTINUER!!!!!!!

Tant de combats, d'amers victoires, de défaites, de tristesses pour une liberté, une vérité,pour un monde meilleur du lendemain.... tant de sacrifices ne peuvent rester vains!!!!!!

MOI, VOUS, ne pouvons oublier!!!!!

La mémoire est là, et la lutte aussi !!!!

Je vous demande d'excuser certaines fautes de français ou d'orthographe, mais l'émotion est là, dans mon coeur.

 

L'étourderie en orthographe compte bien moins que votre émotion et votre mémoire. Lorsque vous évoquez votre père "qui n'a pas voulu l'écrire, pas tout dire". C'est là que le travail de Rjevskaïa trouve son sens: elle dit pour tous ceux, si nombreux, dont l'histoire est oubliée après leur mort.

Toutefois, si en France on ignore largement l'héroïsme, le mot n'est pas trop fort, du peuple soviétique pendant la guerre ( et inversement, en Russie on a une vision qui minore largement l'avancée des Alliés), quelques éléments pondèrent l'enthousiasme( mais quel pays, à cette époque, peut se vanter d'un sans-faute ?)

- les prisonniers russes, à peine libérés, ont été traités en coupables, et déportés ( passage avec ou sans transition, du camp allemand au camp soviétique). Rjevskaïa , qui fut témoin du tri entre "bon" et "mauvais", en parle.

- les prisonniers allemands en URSS: lorsqu'Adenauer négocia la libération des derniers soldats, ceux qui avaient survécu n'étaient pas nombreux.

- Enfin, l'occupation de Berlin: les nombreux viols de femmes allemandes. Rjevskaïa évoque cela, mais assez rapidement . C'est en Prolonger.

Chère Dominique Conil,

Tout d'abord je félicite "Mediapart" si le site a décidé de vous intégrer dans son équipe. Ces derniers mois il semblait que l'objectif était de faire de plus en plus "presse de caniveau", et voilà mon observation tout d'un coup invalidée.

Sur l'"héroïsme du peuple russe" (et pas des autres peuples qui constituaient l'URSS ?) je n'ai pas votre culture historique et je vous crois donc bien volontiers sur parole. J'en suis resté au fait que l'Armée rouge a "oublié" de rentrer chez elle en 1945, réduisant la moitié de l'Europe en esclavage. Par ailleurs, cet héroïsme n'était-il pas encouragé par les autorités soviétiques, qui faisaient exécuter les familles des prisonniers ou des évadés de l'Armée Rouge ?

Je souhaite par ailleurs parler de non-héros longtemps oubliés : les Français "coincés" pendant et après la guerre dans le bloc soviétique, qui faisaient l'objet de reportages télévisés tous les 5 ans environ dans les années 70 à l'occasion d'une démarche diplomatique ou d'une libération de compatriote. Ils étaient des milliers, communistes qui étaient venus aider à l'oeuvre sacrée, leurs enfants, migrants se trouvant par hasard au mauvais endroit, etc...je crois qu'en Pologne il subsiste des villages très largement peuplés par ces compatriotes.

Je m'arrête là et je ne m'offusquerai pas que vous effaciez ce hors sujet.

 

Cordialités trotskystes.

Cher Boddhi,

merci pour le compliment, dommage qu'il soit accompagné de considérations que je ne partage pas, mais vous le savez déjà. Je compte ferme sur votre vigilance.

Bien vu, donc, pour ce peuple russe qui m'a échappé, en lieu et place de soviétique, 64 nationalités, si ma mémoire est bonne.. Mais si vous avez lu l'article, et les propos de Rjevskaïa, vous aurez compris que ce peuple-là était des plus divers.

Pour le reste, cet article ne porte que sur un livre( un récit déjà très riche, qui n'escamote nullement la dureté des temps, n'exonère en rien Staline, loin s'en faut) et ne prétend pas embrasser l'histoire de l'URSS, Yalta, ect..

Je n'ai hélas pas lu Le baiser de la sorcière ( ni Le récit absent, donc, publié dans le même livre), que conseillent plusieurs commentateurs, mais me doute que , écrit par Bergounioux: nécessaire.

Vous serez sûrement intéressé par deux livres ( si vous ne les avez pas déjà lus) que re-publient en ce moment les éditions Phébus: Aussi loin que mes pas me portent, de J.M. Bauer, incroyable récit d'un prisonnier allemand à travers l'URSS, ainsi que, disponible depuis hier, le célèbre A marche forcée du polonais Slavomir Rawicz, l'évasion multi-nationale d'un groupe de déportés en Sibérie , livre qui était devenu introuvable depuis longtemps.

 

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  • 04/06/2011 06:58
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Il y a deux écueils sur Hitler.

 

1 - C'était un mec sympa (voir la Chute)

2 - C'était un fou, un monstre

 

Le premier peut supplanter le second, voir ce qui s'est dit à Cannes et pas seulement. D'où l'importance de comprendre et de "lire" Hitler en dehors du personnage.

De ce point de vue, le livre est passionnant: il relate ( interprète toujours présente...) les récits spontanés et les interrogatoires de tous ceux qui ont partagé les derniers jours d'Hitler dans le bunker. Des gens soucieux de sauver leur peau avant tout. Côté Furher, un mélange ahurissant de décisions stupides ( même Goebbels en est saisi et l'écrit, c'est dire), de médiocrité, et une indifférence totale au sort des civils, fussent-ils aryens: " si je meurs, le peuple allemand disparait avec moi". Et personne n'est évacué, on fusille pour l'exemple jusqu'à la dernière minute...

J'ai aussi immédiatement pensé au récent livre de Pierre Bergounioux. A lire abslument !

Je conseille en plus la lecture d'un "roman" passionnant "L'homme qui aimait les chiens" de Leonardo Padura édité par Métailié : à travers l'histoire des exils de Trotski et celle de Ramon Mercader, une plongée vertigineuse dans le stalinisme.

"L'homme qui aimait les chiens", oui, oui! En fait, quoiqu'avec retard ( mais c'est un livre qui aura une longue vie), nous allons en parler très prochainement!
Ah oui, c'est un magnifique livre!

Quelle bonne nouvelle Dominique de retrouver dans l'équipe de Médiapart.

Pour avoir connu durant mon adolescence quelques-uns des Russes ( qui ne faisaient guère attention au fait d'être Ukrainien, arméniens, "cosaques" ou juifs) parmi ceux qui avaient réussi à ne pas rentrer en URSS après avoir été sur les fronts allemands, je suis particulièrement attentif au témoignage de Rjevskaïa. Ceux que j'ai connu parlaient surtout de leur certitude "qu'il ne fallait surtout pas y retourner" et des stratégies qu'ils avaient inventé pour éviter ce retour. Certains y sont tout de même retourné dans les années Khrouchtchev, avec bonheur pour une Ukrainienne avec son mari cosaque, pour leur malheur pour un couple arménien.

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  • 04/06/2011 13:32
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Article passionnant qui augure bien de votre collaboration avec Mediapart. Merci.
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  • 04/06/2011 13:55
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Époustouflant témoignage. J'en suis saisi.

J'en étais resté à Dominique Dessanti. Elle aussi mérite notre attention. Le peuple, elle en vient, elle en est. Avec ses contradictions.

Ce qu'il reste encore d'auteurs et d'auteures à savoir écouter. Je marcherai volontiers sur le pas de pareilles personnes, moi.

Jean-Jacques M’µ

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  • 04/06/2011 17:36
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merci de nous avoir fait découvrir cette femme courageuse, fidèle à elle même. le passé n'est jamais derrière nous on a tendance à l'ignorer et il se venge parfois
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  • 04/06/2011 17:58
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Merci de nous faire, aussi magnifiquement, revivre Rjevskaïa.
Merci à tous, mais cher Velveth, nul be soin de faire revivre Elena Ejevskaïa, je vous promets qu'elle est tout ce qu'il y a de vivante, et qu'on y regarde à deux fois avant de la contrarier!

Revivre ? Le terme s'associe à votre talentueux récit et non à Elena Ejevskaïa.....

 

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  • 04/06/2011 20:53
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Dans cette époque où les feux de l'actualité interrogent la fidélité des hommes à leurs engagements politiques et moraux, ou même conjugaux, on se sent touché de la force pleine et entière de ces êtres-là, simplement fidèles à eux mêmes, par évidence, par conviction intime, par amour du vivre ensemble – intègres, en un mot. Et l'histoire se trompe si elle confirmait jamais l'obscur silence où elle semble résolue à les laisser. Il est bon de les rappeler à notre souvenir. Des pans entiers à (re)découvrir et à lire, et à relire. Nos enfants finiront par les entendre. Un jour.

Merci.

Jean-Jacques M’µ

En qualité de secrétaire de l'Association d'amitié CORSE-RUSSIE (Kalinka-Machja) je me suis logiquement intéressé à cet article.

Cela m'a conduit à évoquer l'ouvrage " Carnets de l'interprète de guerre" sur le site de notre association ( http://www.kalinka-machja.com ) dans la rubrique "Russie sociétique".

Je me permets en outre de reproduire l'article de MEDIAPART sur mon BLOG personnel ( http://www.wmaker.net/u-zinu/ ) en citant (cela va de soi ) mes sources.

Merci pour cet article, et cette permanence dans votre travail,

Très impressionné par le témoignage de Belange....

Il faut vulgariser encore et toujours et brandir une lanterne éclairée sur notre avenir

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Elena Rjevskaïa aura connu les purges staliniennes des années 1930, la guerre 1939-45, l'entrée dans Berlin, les dernières vagues de répression stalinienne, Joukov en disgrâce, Khrouchtchev, la période de glaciation, la perestroïka, la période eltsinienne et maintenant poutinienne: long parcours qui, après avoir lu son livre Carnets d'une interprète de guerre, m'a donné envie de la rencontrer chez elle, à Moscou.

Dominique Conil, écrivain et blogueuse de la première heure sur Mediapart, assure dorénavant, avec Christine Marcandier, la couverture de l'actualité littéraire pour le Journal de Mediapart.