« La science, comme la poésie, se trouve, on le sait, à un pas de la folie »

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« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », la formule de Rabelais est connue. Elle pourrait éclairer En cherchant Majorana d’Étienne Klein, Le Principe de Jérôme Ferrari et Évariste de François-Henri Désérable qui raniment trois génies des sciences et à travers eux interrogent le rapport de l'homme à sa volonté de puissance.

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En 1918, dans L’Esprit nouveau et les poètes, Guillaume Apollinaire écrivait : « Tant que les avions ne peuplaient pas le ciel, la fable d'Icare n'était qu'une vérité supposée. Aujourd'hui, ce n'est plus une fable. (…) Je dirai plus, les fables s'étant pour la plupart réalisées et au-delà c'est au poète d'en imaginer des nouvelles que les inventeurs puissent à leur tour réaliser. » Poètes et scientifiques ont cet « esprit nouveau » en partage : découvrir des formes, inventer des mondes, les cartographier, les rendre possibles. Ces deux univers que l’on a tendance à opposer – sciences dures vs. sciences molles – s’enrichissent mutuellement, comme le montrent trois romans récemment parus qui ont tous pour centre de rayonnement un mathématicien ou physicien, l’un de ces inventeurs dont la matière et les chiffres sont la page blanche.