Caisses d'épargne: Sarkozy offre un parachute exotique à Milhaud

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Au lendemain de la nouvelle crise des Caisses d'épargne, Nicolas Sarkozy avait fait mine de demander des sanctions. Et le président du directoire de l'Ecureuil, Charles Milhaud, avait été contraint à la démission. Mais depuis, l'Elysée cherche à protéger l'ex-banquier, qui est proche du chef de l'Etat. Un parachute exotique lui a ainsi été discrètement offert. La décision indigne de nombreux responsables des Caisses d'épargne. Lire aussi:

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Contrairement à ce l'on avait pu comprendre à la suite de la sortie tonitruante de Nicolas Sarkozy, pressant les dirigeants des Caisses d'épargne de prendre leurs «responsabilités» au lendemain de la découverte d'une perte de près de 750 millions d'euros sur les marchés financiers, le patron de l'Ecureuil, Charles Milhaud, n'a pas été déchu de toutes ses responsabilités au sein du groupe des Caisses d'épargne. Selon les informations dont dispose Mediapart, il va même garder – sur pression de l'Elysée – la présidence du conseil de surveillance de l'une des filiales les plus importantes du groupe bancaire, Océor, qui contrôle de très nombreux établissements bancaires outre-mer et à l'étranger.

 

Au lendemain de l'annonce, le vendredi 17 octobre, de ces pertes réalisées par la Caisse nationale des Caisses d'épargne, le sort de Charles Milhaud semblait pourtant scellé. Du Canada, où il était en voyage officiel, le chef de l'Etat avait vivement fait comprendre qu'il ne se satisferait pas d'une sanction ne frappant que quelques lampistes. Lors d'un conseil de surveillance très mouvementé, le dimanche suivant, 19 octobre, les trois principaux dirigeants des Caisses d'épargne, le président du directoire Charles Milhaud, le directeur général Nicolas Mérindol, et le directeur financier, Julien Carmona, avaient donc été priés d'abandonner leur mandat de membres du directoire. Après quelques atermoiements et rebondissements, les deux derniers avaient accepté.

 

Mais dans un premier temps, Charles Milhaud, lui, avait fait de la résistance. S'enfermant de longues heures dans son bureau, au cours de ce dimanche de crise, il avait longtemps refusé de démissionner. Il avait donc fallu que son avocat, puis son banquier conseil, Mathieu Pigasse, de la banque Lazard, interviennent pour lui faire comprendre que son opposition pourrait conduire le conseil à prendre une mesure de révocation. L'ex-homme fort de l'Ecureuil avait alors accepté de présenter sa démission, mais à la condition de partir avec son parachute doré, évalué à près de 3 millions d'euros. Ce que le conseil avait refusé.

 

Nouveaux pourparlers, nouveaux va-et-vient entre les émissaires du patron contesté, toujours reclus dans son bureau, et la salle du conseil. Et finalement, on avait appris tard dans la nuit que Charles Milhaud quitterait les Caisses d'épargne. Et de surcroît sans son parachute.

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