Souffrance au travail, une femme à l'écoute

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Elle écoute, elle réconforte, elle aide à reprendre pied. A l'hôpital de Nanterre, la psychosomaticienne Marie Pezé reçoit ceux que le travail a laminés. Dans un livre qui vient de paraître, Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, elle raconte les douleurs de ces patients. Reportage, en sons et photos, dans l'intimité du cabinet.

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Tout au bout du couloir à gauche, il y a un bureau impersonnel, avec des planches d’anatomie au mur et un calendrier bancal. C’est là qu’échouent ceux que le travail a broyés. Quand ils arrivent, ils ont le regard «vide, sidéré, hagard, la pensée défaite», écrit Marie Pezé. Il y a dix ans, quand elle a créé la consultation, Marie Pezé ne pouvait que constater l’ampleur des dégâts, après des mois de souffrance silencieuse. «Certains arrivaient dans des états de psychose hallucinatoire, de véritables maladies mentales, des dépressions comme je n’en avais jamais vu.» A force de voir des employés usés défiler dans leur bureau, les médecins du travail ont compris : aujourd’hui, ils adressent les gens un peu plus tôt. Chaque jour gagné est un pas de plus vers le retour à la surface.