De la pertinence de Fernand Braudel en temps de crises

Par

Il y a tout juste un an, le philosophe Immanuel Wallerstein se demandait si la crise en cours ne marquait pas «la fin du capitalisme». L'aboutissement d'un cycle économique de plusieurs siècles dominé par l'Occident? Sorti ces jours-ci à La Découverte, un livre collectif d'économistes et anthropologues décortique cette prédiction, en s'appuyant sur les textes de Fernand Braudel et Karl Polanyi, entre autres. Et si la crise accélérait un peu plus la formidable montée en puissance de la Chine?

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Ce n'est pas le titre le plus sexy de l'année mais l'austérité d'Histoire globale, mondialisations et capitalisme (La Découverte) ne doit pas décourager: l'entreprise collective de plus de 500 pages se révèle passionnante pour penser l'actualité chahutée de ce début de siècle. A partir d'une gymnastique bien connue (aller voir ailleurs pour mieux penser ici), cette compilation d'articles d'économistes et anthropologues tente des réponses à des questions palpitantes. La crise actuelle marque-t-elle la «fin du capitalisme» apparu en Europe au XVIe siècle, pour reprendre le bon mot d'Immanuel Wallerstein? L'effondrement des subprime coïncide-t-il avec l'ouverture d'une transition, au terme de laquelle la Chine remplacera les Etats-Unis à la tête du monde?