« Nous sommes entre les mains d’un groupe d’irresponsables. » Cette sortie du vétéran Diogo Freitas do Amaral, fondateur du parti démocrate-chrétien CDS-PP au centre de la crise politique en développement, résume bien le sentiment populaire portugais. Et celui des marchés. Le coût de cette irresponsabilité ? En 48 heures, plus de 200 points de base (2 %) sur la dette publique à dix ans, qui culminait en séance mercredi à 8,17 %, au plus haut depuis novembre 2008. Autrement dit, l’effacement en deux jours des huit mois de détente obtenus principalement par l’intervention de la Banque centrale européenne. Entraînée par les valeurs financières, la bourse de Lisbonne a chuté lourdement (–5,3 %). Les autres places européennes et l'euro ont accusé le coup. Berlin a répété sa « confiance » dans l’accomplissement des réformes par le Portugal et l’eurogroupe a rappelé le gouvernement à ses engagements.