Pourquoi les géants du numérique valent si cher

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Tous les commentaires

surtout concernant Amazon quand il y a le prix unique du livre, et de nombreux marchands spécialisés non moins compétitifs quel que soit le type de marchandise

Apple c'est de l"arnaque totale pour des produits hautement périssables, totalement surévalué en prix

Microsoft il y a les logiciels libres

Facebook c'est une vie virtuelle

le plus indispensable c'est Google il faur le reconnaître

d'ailleurs Google vient de s'allier au très utile Trip Advisor pour les avis

Airbnb facile à boycotter en louant auprès d'agences immobilières locales

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  • 03/07/2018 09:28
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Cette forme d'entreprise va littéralement à la conquête du monde dans une perspective de victoire totale.

Personne ne soutient cela quand c'est exposé dans un roman dit de science-fiction, et pourtant dans la réalité...

 

... encore et toujours l'appât du gain et l'accumulation privée.

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  • 03/07/2018 10:58
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Ce type de monopole en vue n'est-il pas semblable à celui des géants de l'énergie (charbon puis pétrole) en leur temps ? L'information, c'est aussi de l'énergie, me dit-on dans mon oreillette (Shannon etc.).

Je note plutôt l'inverse en Europe :

- Mise en place de la GDPR pour la protection des données personnelles

- Plusieurs procès fiscaux importants en Irlande et au Luxembourg (Apple).

- Echange automatique des informations fiscales (Europe et OCDE)

Sans Europe c'est bien plus compliqué car les GAFAM passent à travers les mailles de la législation locale.

 

+

L'UE n'est pas indispensable pour défendre les peuples contre l'asservissement des GAFA, un pays souverain peut en faire tout autant... sinon, il est toujours amusant de voir l'Europe engager des procès fiscaux dans des paradis du même nom comme l'Irlande ou le Luxembourg, qu'elle abrite en son sein  !

Que l'UE ne lutte pas contre ça d'accord... mais croire qu'un pays seul le fera est encore plus délirant. Il y a l'effet de taille à prendre en compte. Les entreprises anglaises, ou étrangère en Angleterre, sont en train de violemment se vautrer. Et une politique de gauche ne changera pas grand chose à l'impact sur le CA de ces entreprises là. D'où à mon sens l'obligation de penser une alliance de classe au niveau européen et non pas une alliance de pays. Il faut être capable de peser collectivement sur les processus de production. Ce qui est bien différent d'imposer le triptyque normes, règlementations et sanctions qui seront du pain bénit pour nombre de magouilleurs de la mondialisation actuelle.

C'est une évidence, avec 27 pays aux législations complètement différentes cela laisse encore plus de trous dans les mailles du filet pour ces entreprise supra-nationales qui baigne dans les échanges internationaux.

 

Comment pensez vous réguler les politiques du Luxembourg ou de l'Irlande une fois hors de l'UE? Quels moyens de pression aura la France toute seule? Google peut très bien opérer en France sans avoir un seul employé sur le territoire. Mettre des obstacles aux activités des entreprises en France les fera simplement se déplacer dans les pays voisins, entraînant des pertes d'emploi en France et un déficit commercial accru. C'est ce qui en train de se mettre en place en Angleterre qui s'aperçoit par ailleurs que les accords bilatéraux qu'elle prétendait conclure ne seront jamais à de meilleures conditions que ceux obtenus par l'UE. Et si on s'imagine être capable sur le marché français, de fermer le web et créer à coups de subventions un concurrent décent à Google, c'est perdu d'avance. Toutes les tentatives dans ce sens ont lamentablement échoué et échoueront. On aura une Trabant + la Stasi économique et tous les français réclameront qu'on leur rende la Mercedes et la liberté. 

les pays-bas sont un autre paradis fiscal

d'ailleurs Corbyn n'a aucune proposition crédible pour taxer les GAFAM

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  • 03/07/2018 12:20
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Un point de vue très intéressant, merci pour cet article.

Et effectivement une nuance quand même entres celles déja rentables (Apple) et les autres (Amazon).

J'aurais été curieux d'avoir l'avis aussi de cet analyste sur Facebook, quid par exemple s'il perd des utilisateurs de la plateforme en masse ?

La nuance est même plus forte, il y a :

- Les très rentables: Apple, Microsoft, Google, Facebook. Basés sur du concret et du réel : Iphone, Ipad, Xbox, Office, Windows, Android, google, facebook... Les cours de bourse sont hauts mais ces boites sont les plus rentables du monde!

Google c'est 19,5 milliards de dollars de bénéfice net en 2016, Facebook 16 milliards, Microsoft 21 milliards et Apple presque 50 milliards!

- Les rentables basés sur un métier moins réel et concret et dont certains cours de bourse sont hallucinants comparés à leurs rentabilité: Amazon, Twitter...

- Les pures bulles qui font des pertes délirantes et qui ne sont puissants que du fait de la confiance des marchés  : Uber, Tesla...

2 milliards de dollars de pertes pour Tesla en 2017... Valorisation de plus de 50 milliards! 2 fois plus que le groupe Renault!!!  Et des projets délirants financés à coup de milliard par les marchés!

Uber : 2,8 milliards de dollar pertes en 2016! Plus de 60 milliards de valorisation!

On vit dans un monde de fous...

Tesla est un pari industriel et écologique de concevoir une voiture propre avec ses bornes de recharge à l'énergie solaire gratuites. Il mériterait encore plus d'investissements tant ses projets sont audacieux mais surtout utiles, nécessaires et urgents. Contrairement à l'activité des géants du numérique, si on prend par exemple Facebook dont l'activité consiste essentiellement à partager des vidéos débiles et vendre de la pub.

Mais que veut-on, les gens sont bien plus intéressés par des divertissements que par un monde plus propre, où l'on peut vivre mieux, plus longtemps et ne pas subir tous les bouleversements du changement climatique (problèmes d'alimentation, immersion de territoires, migrations, etc.). A comparer avec l'impact en CO2 des géants du web - 2% des émissions mondiales, autant que l'aviation civile.

en France l'électricité des bornes Tesla est décarbonée, nucléaire, mais ailleurs, au charbon ?

de plus, la production de véhicules électriques et de panneaux solaires est très polluante, à base de matériaux rares difficilement recyclables, plus le niveau de technologie est élevé, plus l'empreinte écologique l'est

enfin, le rendement des panneaux solaires est insuffisant

gadget de riches tel solar impulse, mais non une solution consumériste de masse

Bon article, clair, encore un, de Romaric Godin.

Encore une théorie fumeuse en fait, contredite par de très nombreux échecs des stratégies purement financières. Godin veut toujours nous expliquer le XXIème siècle avec les idées du XIXème. Soit dit en passant, cela en l'embarrasse pas de justifier ainsi, même involontairement, les errements financiers des grandes entreprises puisque c'est selon lui la stratégie gagnante. Tout ramener à la finance est un moyen commode pour les aventuristes de l'ultra-gauche afin de se convaincre qu'une contre-politique financière conduira toute seule au bonheur et à la prospérité, sans même qu'on ait besoin de se retourner les manches.  

excellent commentaire

en fait dans les GAFAM, il faut distinguer les AA de vente de marchandises des GFM davantage immatériels (même s'ils sont diversifiés et multi-forme, ainsi Microsoft a imité Apple en vendant des produits, Amazon fait aussi des data, Apple conçoit son système d'exploitation)

il y a la version marchandise au prix surévalué Apple

et la version low cost Amazon

les AA n'ont aucun monopole, alors que les GFM ont un monopole

Amzon n'a toujours pas de site en Australie, pays occidental très riche pourtant

Amazon no'aura jamais de monopole, il existe des milliers de sites marchands spécialisés en France par exemple qui fonctionnent très bien

Apple a perdu son monopole du design, de la simplicité, Microsoft d'ailleurs l'a imité sur ce point, et du relatif 'luxe', Samsung et autres vendent des smartphones à 800 €

la question concernant Apple c'est combien de temps les fans de la marque vont accepter de payer aussi cher des produits périsssables à l'obsolescence programmée et inévitable ?

rien à voir avec la rentabilité de Chanel mise en lumière suite au décès de Karl Lagerfeld, quasi un tiers du CA, dont les produits peuvent durer une vie et au delà à l'instar du vrai luxe

je ne comprends pas ce fétichisme Apple et ne parierai pas sur son avenir

j'ai essayé récemment divers prodiuts Apple dont le logiciel a déçu et n'est pas mieux fait que Windows

2 réflections:

-L'article nous explique que selon cette theorie les marches financiers contribuent une fois de plus a la construction d'un totalitarisme commercial a l'echelle mondiale dans le seul but de se faire beaucoup d'argent tout de suite et rapidement. Le resultat en sera: si ils y parviennent, la mort de leur poule aux oeufs d'or, et si les GAFAM redescendent a leur juste valeur, leur effondrement et la creation sur le moyen terme de centaines de milliers de chomeurs. Et la mort de leur poule aux oeufs d'or. Joli.

-Interessant de constater que selon cette theories, les GAFAM font de l'optimisation et de l'evasion fiscale simplement parce qu'elles n'ont pas les moyens de payer leurs impots!

Excellent article. Pas mal pour replacer dans les repas de famille! Excusez mon manque d'accents, ce n'est pas un manque de respect pour la langue Francaise mais je tape sur un clavier anglais...

Un totalitarisme commercial ? Encore faut-il préciser qu'elles n'ont rien à vendre, ou pas grand-chose en regard de leur estimation vertigineuse ? Donc ce qu'elles ont à vendre, ce n'est que leur estimation et non pas leur valeur ?

Évidemment, cette estimation vertigineuse représente un risque systémique, mais pour qui ? Pas pour de faibles effectifs au travail, mais pour les détenteurs d'actions et de machines, voire pour les États détenteurs de dollars ?

Autrement dit ce n'est rien d'autre qu'une bulle.

L'auteur se contredit : il donne lui même la justification économique de la valorisation des GAFAM : elles opèrent des activités ou les rendements sont croissants, et non décroissants. En tenant compte de cet aspect fondamental, la méthode classique de valorisation des entreprises par actualisation de leurs cash flows futurs permet sans grande difficulté de justifier ces valorisations.   

Il est donc inutile d'avoir recours à l'idée selon laquelle les investisseurs "part[ent] du principe qu’une valorisation très élevée va asseoir la position de ces entreprises, ce qui leur permettra d’établir leur leadership et justifiera a posteriori les valorisations", ce qui, premièrement n'est pas le cas, et ensuite est incapable d'expliquer pourquoi leur valorisation a très fortement augmenté (à partir de 0) avant même qu'il soit question de tenter d'établir une position monopolistique.

@ sycophante : oui et non, il ne faut pas tout ramener à l'argent, mais aussi au "statut" qui fixe le prix (théorie de la formation du prix par ... Aristote (Ethique à Nicomaque) reprise par Jorion). Les rendements croissants et futurs cash flows sont liés à des gains de part de marché supérieurs à l'ordinaire et au moins ordinaire ; quand c'est littéralement "extra"-ordinaire (on est passé en 40 ans du garage de Wozniak aux GAFAM) le statut change forcément de façon majeure, et dans l'espérance, naturelle à toute entreprise innovante, de position dominante sur un nouveau marché, c'est le mot "nouveau" qui doit être accentué plus que le mot marché. On attend en réalité de ces boites une forme de domination des flux économiques de la société sans proportion avec aucun précédent historique. Le rendement croissant pendant longtemps peut aussi être appelée "disruption"; Peut-être vivons nous des révolutions aussi importantes que celles du néolithique (-12 000 --> -1000 en gros), qui amenèrent les formes actuelles de grandes structures (villes, armées, stocks annuels, agriculture, ...)

Merci, Romaric.

Les fonds spéculatifs créent un effet bulle financiere, si je comprends bien... Logiquement, jusqu'à éclatement.

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  • 03/07/2018 19:24
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Modèle des compagnies ferroviaires 1880 ? Crack garanti !
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  • 03/07/2018 23:57
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Cette "intéressante" théorie manque tout de même de noter quelques éléments essentiels. Ces entreprises, les GAFA & Co, se sont construites dans des pays dont le marché est gigantesque puis sont rapidement passé au marché mondial. Deuxièmement, il ne suffit pas d'avoir une grande valeur et de lever des tas de capitaux pour dominer, car on a pu observer les gamelles de Yahoo comme moteur de recherche et de Microsoft dans nombre de ses tentatives pour dominer le net ou la téléphonie. Je passe sous silence par charité les aventures internationales du Crédit Lyonnais ou de Vivendi. Si Google domine, c'est parce que son moteur de recherche est depuis 20 ans le meilleur, et si Amazon domine c'est parce que ses services de vente sont très au dessus des autres vendeurs (pas pour les employés bien sur) et que son service cloud (la plus grosse part de son activité, généralement ignorée du public) est excellent. Quant à Apple, c'est effectivement un cas à part, Steve Jobs ayant été surtout un génie du marketing capable de faire désirer et de vendre ses objets et de créer une secte de fidèles indéfectibles. Réduire l'économie à son aspect purement financier est extrêmement réducteur, fournit des interprétations erronées et guide des politiques erronées, comme celles des grands capitaines d'industrie français sortis du corps des finances, et si capables, à quelques notables exceptions près,  de mener leurs entreprises à la ruine.

Le mythe de l'entreprise qui va dominer le monde est ancien. On a d'abord cru que ce serait General Motors lorsque l'automobile était la reine absolue, puis on a cru que ce serait IBM (rappelez vous de HAL), puis Microsoft et maintenant c'est Google. Dans les cas précédant Google, ces entreprises ont fini par rater un tournant majeur de l'évolution des technologie et des sociétés, et ont perdu leur hégémonie globale. L'antidote de Google n'est pas encore apparu, et il faut reconnaître qu'ils se battent sur tous les fronts pour éviter qu'il apparaisse, mais il est peut-être déjà né. On peut être assuré que ce n'est probablement pas en France ou même en Europe. Les secteurs où cela a le plus de chance de se produire selon moi sont l'industrie spatiale, l'intelligence artificielle et la bio-ingéniérie. Rendez vous dans 20 ans.

"Quant à Apple, c'est effectivement un cas à part, Steve Jobs ayant été surtout un génie du marketing capable de faire désirer et de vendre ses objets et de créer une secte de fidèles indéfectibles. "

Non c'est la qualité des machines, de l'ergonomie et du système.

Mais depuis la disparition de Jobs, les produits Apple baissent de qualité (des gestionnaires obsédés d'argent et sans envergure technologique ont remplacé Jobs).

Je gère aussi bien du Mac que du Windows et, même si Apple est de plus en plus pitoyable, Windows est encore une source invraisemblable de pertes de temps.

Quant à l'iPhone, je n'en ai jamais eu mais j'ai tout de même observé une petite fonctionnalité essentielle pour un téléphone : il affiche la liste de tous les appels avec indication des messages laissés et possibilité d'interroger directement un message ou un autre.

Sur un Samsung c'est soi-disant possible avec une appli, mais c'est bidon.

Bref pour Apple comme pour Google, c'est la qualité qui fait que les gens restent fidèles.

Question: Quand vous dites "Les GAFAM cumulent près de 3 900 milliards de dollars de capitalisation boursière", pourriez-vous clarifier?

Car cette valorisation est toute virtuelle. Elle correspond au prix d'une action tel qu'échangée aujourd'hui multiplié par le nombre d'actions total. Mais ce montant n'a jamais été échangé en réalité, et on ne sait pas si ces entreprises pourraient se vendre dans leur totalité pour ce montant.

Dans les faits, 3 900 milliards n'ont pas été accumulés. Les actions émises ont toutes été vendues à un prix différent. On pourrait calculer différentes capitalisations moins virtuelles:

1. L'argent effectivement récolté par l'entreprise lors d'émissions sur le marché primaire. (avec toutefois la difficulté de valoriser les cas où les actions ont été échangées avec d'autres actifs financiers). - en défalquant bien sûr l'argent brûlé dans les rachats d'action.

2. La somme effectivement payée pour le dernier achat de chaque action. En cumulé, cela donne bien un montant que des gens ont déboursé et qui indique une valorisation de l'entreprise.

Ces chiffres sont-ils disponibles quelque part? Ça permettrait de mieux approcher la "valeur" d'une entreprise, et de quantifier l'effet de bulle que vous décrivez dans l'article.

Vous en êtes resté au niveau de la boîte à biscuits en matière d'économie.

Bien vu. D'ailleurs le rachat d'action sert peut être à éviter un effet boule de neige à la baisse lorsque celle-ci s'amorce.

Non c'est réaliste : comme on dit en bourse "pas vendu, pas perdu" on peut aussi bien dire "pas vendu, pas gagné".

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  • 04/07/2018 13:54
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Très intéressant, merci!

Les articles de Romaric Godin sont toujours aussi indispensables. Ils décantent la structure du monde.

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