L'automobile sinistrée (2/3) : enquête chez des sous-traitants asphyxiés

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Les plus fragiles ont déjà mis la clé sous la porte. Les autres, les plus gros ou ceux qui avaient plusieurs clients, vont fermer leurs usines en décembre, souvent plusieurs semaines. Et après? Au Havre et à Rouen, dans la région de l'automobile, les sous-traitants de l'automobile vivent au jour le jour. Leurs salariés craignent des fermetures d'ici quelques mois. Suite de notre série sur la crise et le marasme de l'industrie automobile. Texte et photos : Mathieu Magnaudeix.

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Ça devient une habitude dans la zone industrialo-portuaire du Havre. Un cortège, une sirène, le mégaphone. Les gendarmes au carrefour, plutôt bienveillants en général, parfois carrément solidaires. Deux heures de débrayage, un peu de barouf et on revient travailler, en espérant que ça impressionnera la direction. Ce matin-là, c'est au tour des salariés de Faurecia Siemar, une filiale de PSA. Ils travaillent juste à côté de Renault, ils font des sièges de voiture sitôt assemblés sur les véhicules. Depuis plusieurs mois, les voitures ne se vendent plus. Au lancement de la Laguna 1, ils faisaient les nuits, il y avait deux équipes de jour. Là, ils ne travaillent plus que le matin, au rythme des chaînes de Renault.