Bruxelles ne veut pas croire à une nouvelle crise de l’euro

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Bruxelles, de notre envoyé spécial.-  Au point presse de la Commission, lundi 5 décembre à Bruxelles, les éléments de langage étaient déjà en place. Il y avait eu, dimanche soir, un vote en Autriche, point d’orgue d’une campagne électorale centrée sur les sujets européens. Et les adversaires de l’UE – c’est-à-dire l’extrême droite – ont sèchement perdu la présidentielle. Tandis que la consultation en Italie, au même moment, n’avait, elle, rien à voir avec l’Europe : « Le référendum en Italie portait sur une réforme de la Constitution italienne, pas sur l’Europe », a martelé le porte-parole de Jean-Claude Juncker. Tout au plus a-t-il précisé que « les réformes doivent se poursuivre » à Rome, et que « la vague de réformes n’est pas venue à expiration hier soir ».

Pour l’exécutif de Jean-Claude Juncker, cette lecture expéditive du double scrutin de dimanche est une manière de répondre aux sorties des plus bruyants adversaires du projet européen. Dès dimanche soir, Marine Le Pen se félicitait de la victoire du « non » en Italie, y voyant la preuve d’une « soif de liberté des nations et de protection ». Quant au Britannique Nigel Farage, vedette de Ukip, cette formation en grande partie responsable de la victoire du Brexit, il a applaudi à ce « coup de marteau contre l’euro et l’establishment favorable à l’Union européenne ». Au parlement de Strasbourg, Ukip et le Mouvement Cinq-Étoiles (le M5S de Beppe Grillo, adversaire de Renzi) siègent dans le même groupe politique, tous deux adversaires de la monnaie unique.