Ce que révèle la stratégie de défense du groupe Lagardère

Par
Maintenant que l'on connaît le détail du rapport d'enquête de l'AMF sur l'affaire EADS, il est instructif de se replonger dans la stratégie de défense mise au point depuis deux ans par le groupe Lagardère. Dénégations, esquives, habiletés: ce retour en arrière en dit long sur les sytèmes de communication des grands groupes. Ainsi que sur les liens consanguins avec le monde de la presse ou des médias.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Maintenant que l’on connaît le détail du «Rapport d’enquête » de l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur EADS, la tentation est grande de passer au crible tout ce que les acteurs de cette affaire ont pu dire, au cours de ces derniers mois, à commencer par les dirigeants du groupe Lagardère, actionnaire de contrôle de la firme aéronautique. La tentation, en quelque sorte, d’examiner les stratégies de défense d’Arnaud Lagardère et de ses proches, à une époque où l’enquête avait encore peu avancé ; et puis soupeser, avec maintenant plus de recul, les faits tels que l’AMF les a reconstitués. Exercice instructif: on y découvre les habiletés que peuvent recouvrir les stratégies de communication de plus en plus sophistiquées des grands groupes industriels ou financiers.
D’abord, pour qui replonge dans l’histoire de ces turbulences récentes, un premier constat s’impose : le groupe Lagardère dispose décidemment d’une très grande force de frappe en matière de communication. Et puisqu’il présente la singularité d’être un conglomérat à cheval entre de nombreuses activités dont l’aéronautique, la défense, l’édition mais aussi la presse et les médias, c’est d’abord au travers des titres qu’il contrôle, partiellement ou totalement, qu’il aime fréquemment prendre la parole.