EADS: le rapport qui accuse dirigeants et actionnaires

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2 milliards pour chacun des deux actionnaires de contrôle

Le comportement des deux actionnaires principaux, les groupes Lagardère et DaimlerChrysler, suscite encore plus d'interrogations chez les enquêteurs de l'AMF. En avril 2006, chacun d'entre eux a réalisé une vente à terme « de plus de 61 millions d'actions EADS pour un montant proche de 2 milliards d'euros », écrit le rapport.

Ces opérations, envisagées dès la fin du printemps 2005, ont été retardées en raison des discussions « avec le gouvernement français et la présidence de la République mais aussi avec le gouvernement allemand ». Finalement, ce n'est que fin mars 2006 que les deux groupes ont obtenu le feu vert.

 

Le 4 avril, ils annonçaient leur désengagement partiel. Lagardère faisait sa cession à cinq institutionnels par le biais d'une opération montée par la banque Ixis. DaimlerChrysler vendait dans le cadre d'un placement privé, organisé par JP Morgan et Morgan Stanley. Les ventes se sont pour chacun réalisées au prix de 32,60 euros par titre.

 

« Dans un cas comme dans l'autre, l'enquête a permis d'établir que l'engagement d'opérations à terme a été motivé par la volonté de bénéficier d'une fiscalité plus favorable à compter de 2007. Dans ces conditions et alors qu'aucun des deux groupes n'avait à faire face à un besoin de trésorerie pressant en 2006, la décision de DaimlerChrysler et de Lagardère de procéder à des opérations à terme assises sur le prix du marché d'EADS de 2006, plutôt que d'attendre 2007 pour réaliser une cession au comptant, pourrait témoigner d'une anticipation par les deux actionnaires de contrôle privés d'EADS d'une baisse future du cours du titre, interprétation que ni l'analyse détaillée de la chronologie et des modalités des opérations ni les explications recueillies auprès des deux groupes n'ont permis d'écarter. »

 

 

Ces ventes massives, ces actions qui semblent brusquement brûler les doigts amènent à une question. Qui savait quoi et à quelle date ? Les conclusions du rapport à ce sujet sont sans réserve. « Les investigations ont permis d'identifier trois informations privilégiées, détenues, en totalité ou en partie par les dirigeants d'EADS et ses actionnaires de contrôle, antérieurement à leurs interventions directes ou indirectes sur le marché du titre EADS ».

 

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