EADS: le rapport qui accuse dirigeants et actionnaires

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Une dégradation à venir d'Airbus notée dès juin 2005

La première est relative au budget-plan établi par EADS afin d'avoir une vision prévisionnelle sur trois ans. « L'enquête a mis en évidence le fait dès le mois de juin 2005, alors même que l'annonce par Airbus au cours du salon du Bourget d'un nombre de commandes exceptionnel marquait le début d'une phase de hausse significative du titre EADS, les principaux dirigeants et les actionnaires de contrôle du groupe ont pris conscience, à l'inverse, de la probable dégradation à moyen et long terme de la rentabilité prévisionnelle d'Airbus et du groupe », souligne le rapport d'enquête.

 

A la fin du premier semestre 2005, Airbus se rend compte en effet que l'augmentation des frais de recherche et développement induits par l'A350, les pénalités de retard liées à la première révision en mai 2005 du calendrier de livraison de l'A380, l'augmentation des coûts de production, la dégradation constatée des prix de vente de l'ensemble de la gamme vont avoir des effets négatifs sur son résultat d'exploitation (EBIT).

 

Lors du conseil d'administration d'EADS, le 7 juin 2005, Airbus présente des prévisions sensiblement en baisse pour 2007 : son résultat d'exploitation prévisionnel ne serait plus que 1,7 milliard d'euros contre 2,6 milliards prévus dans le plan élaboré six mois auparavant et sa marge opérationnelle ne s'établirait plus qu'à 6,5% au lieu de 9,9%.

 

«Consécutivement, indique le rapport, l'Ebit prévisionnel d'EADS pour 2007 est estimé, en juillet 2005, à 2,6 milliards d'euros contre 3,5 milliards» six mois plus tôt. « Selon les déclarations concordantes d'Arnaud Lagardère et de Manfred Bischoff [représentant du groupe DaimlerChrysler], c'est précisément à la fin du printemps ou au début de l'été 2005 qu'a été entamée la concertation entre les deux actionnaires de contrôle privés d'EADS, en vue de la réalisation d'une opération de désengagement partiel simultanée du capital du groupe », relève incidemment le rapporteur de l'enquête.

 

Cette dégradation des perspectives futures ne pourra pas être corrigée au fil des mois. Dans le même temps, le marché continue lui à parier sur une amélioration des résultats à venir. Les directions financières d'EADS et d'Airbus insisteront plusieurs fois sur les divergences d'appréciation entre les prévisions du groupe et les estimations du marché. « Sans qu'il y soit remédié », insistent les enquêteurs.

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