EADS: le rapport qui accuse dirigeants et actionnaires

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Le devoir d'abstention

La deuxième information porte sur l'A380. « Au plus tard le 1er mars, les membres du comité exécutif d'Airbus et de son comité d'actionnaires avaient été informés [...] que la livraison des sections de l'appareil à la chaîne d'assemblage finale de Toulouse avait été interrompue et qu'une replanification du programme de production avait été engagée. »

 

La troisième information privilégiée, selon le rapport, est relative à l'A350. D'après l'enquête, les actionnaires et les dirigeants ont su «au plus tard le 7 mars» que les coûts de développement de programme avaient augmenté de près de 30%, et que sa part de marché attendue s'était dégradée face à l'avion concurrent de Boeing, le B 787 Dreamliner, «conduisant à la constatation de ce que la valeur actuelle nette du programme était devenue négative ».

 

Toutes ces informations auraient-elles dues être rendues publiques ? Le rapport de l'AMF à ce sujet est nuancé. Pour certaines, comme l'A 380, oui, assurément. Pour d'autres, comme le budget prévisionnel, il est moins définitif. Il constate, en tout cas, que jamais le groupe EADS n'aurait dû laisser s'installer une telle différence d'appréciation de la situation avec le marché.

 

Les dirigeants et les actionnaires qui ont vendu pendant cette période cruciale, eux, auraient dû y renoncer, car ils étaient détenteurs d'informations privilégiées. Il note, à ce titre, que Hans-Peter Ring, directeur financier, et qui devait donner son accord pour toute levée d'options, « ne leur a pas interdit de céder leurs titres, comme il en avait pourtant le pouvoir ».

 

Dix-sept personnes se retrouvent soupçonnées d'avoir manqué à l'obligation d'abstention définie par le règlement de l'AMF. Parmi les membres du comité exécutif d'Airbus sont ainsi mis en cause Olivier Andriès, Charles Champion, Henri Coupron, Alain Flourens, Gustav Humbert, John Leahy, Erik Pillet, Andreas Spert, Thomas Williams. Comme membres du comité exécutif d'EADS et du comité des actionnaires d'Airbus, on retrouve Thomas Enders, Noël Forgeard, Jean-Paul Gut. En tant que membres du seul comité exécutif sont soupçonnés François Auque, Fabrice Brégier, Ralph Crosby, Jussi Itavuori et Stefan Zoller. Et, enfin, les deux actionnaires de contrôle, DaimlerChrysler et Lagardère.

 

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