Comment la BCE en arrive à être piégée chez Conforama

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C’est l’une des conséquences de la politique monétaire non conventionnelle de la Banque centrale européenne : parce qu’elle achète des dettes de groupes privés, elle se retrouve désormais exposée à leurs risques de faillite. La BCE en fait une première expérience avec le groupe sud-africain Steinhoff, propriétaire de Conforama, en pleine déconfiture.

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En apparence, c’est une faillite comme bien d’autres. Mercredi 6 décembre, le groupe de distribution et d’ameublement sud-africain Steinhoff, propriétaire de Conforama depuis 2011, a annoncé dans la panique le renvoi de son PDG à la suite de la découverte de fraudes comptables. L’ampleur de la fraude, révélée dans le cadre d’une enquête judiciaire menée par le parquet allemand, est si grande que le groupe ne sait pas quand il pourra présenter ses comptes. À la suite de cette annonce, le cours de l’action, cotée à Francfort, s’est effondré de plus de 70 %. Dans le même temps, les émissions obligataires du groupe étaient en chute libre, se négociant à moitié de leur valeur d’émission. Le groupe est désormais classé comme junk bonds par Moody’s.