EADS : les dirigeants mis en cause nient tout délit d'initié

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a transmis ce mercredi au parquet son rapport d'enquête sur de présumés délits d'initiés au sein d'EADS, et transmis ses griefs aux dix-sept personnes citées dans ce dossier, que Mediapart a révélé mardi. Cette révélation, relayée par de nombreux médias français et internationaux, a fait réagir EADS, l'AMF et certains des dirigeants cités. Lire aussi le détail du rapport de l'AMF, le cas Lagardère et l'analyse sur sa stratégie de communication.

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Dès mardi, le jour même de la parution de ce document sur notre site, EADS se déclarait, dans un communiqué, « pas seulement surpris mais littéralement choqué de voir combien tout ceci est contraire aux procédures légales et combien sont bafoués les droits de la défense ». Le groupe dirigé par Louis Gallois, qui affirme ne pas avoir pris connaissance du rapport avant sa divulgation sur Mediapart - ce qui fait sourire un certain nombre d'observateurs-, a dans un premier temps refusé tout commentaire « avant d’avoir lu et évalué l'intégralité du document avec ses conclusions ». Mais mercredi, le site Internet des Echos révélait le contenu d’une note envoyée dans l’après-midi par Louis Gallois à l’ensemble des cadres du groupe, en réponse aux griefs de l’AMF. Dans ce document de 11 pages, Louis Gallois critique la méthode d’enquête de l’AMF qu’il qualifie de « surprenante ». « Il semble peu compréhensible de rechercher s'il y a eu utilisation d'informations privilégiées par certains dirigeants ou actionnaires du groupe EADS au regard des problèmes de l'A380, sans analyser au préalable de manière approfondie la communication d'EADS et l'information dont disposait le marché sur cette question », écrit le président d’EADS.