Arkéa: Marylise Lebranchu en défense du mutualisme

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Dans un entretien au Télégramme, l’ancienne garde des Sceaux socialiste, également ex-députée PS du Finistère, critique le projet de sécession du Crédit mutuel Arkéa et prend la présidence d’une association en défense du mutualisme.

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Dans un entretien avec le quotidien breton Le Télégramme, l’ancienne garde des Sceaux socialiste, Marylise Lebranchu, qui a aussi longtemps été députée du Finistère, dénonce vivement le projet de la banque bretonne du Crédit mutuel Arkéa, qui veut faire sécession de la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM). « Je suis sociétaire du Crédit mutuel de Bretagne depuis que j’ai perçu mon premier salaire. Et aujourd’hui, je ne comprends toujours pas les raisons qui poussent Arkéa à quitter le giron de la Confédération nationale du Crédit mutuel. Quel est le projet ? Pourquoi l’indépendance par rapport à l’autonomie qu’on a déjà ? Quel est le fait générateur de cette scission ? Je n’ai jamais pas eu de réponses précises à mes interrogations. Quand j’étais encore parlementaire, j’ai rencontré des salariés inquiets qui n’avaient pas plus d’éléments que moi », explique l’ancienne ministre.

Elle ajoute : « Et je dois dire aussi que je me suis sentie agressée par ces publicités qui fleurissaient il y a encore quelques mois. Quand j’ouvrais mes comptes sur ma tablette, j’étais surprise par ces photos de gens qui voulaient être libres et indépendants. La Confédération a-t-elle empêché une seule fois Arkéa de créer une filiale ? De même l’idée qu’on va supprimer des emplois n’a pas de sens. Les ressources humaines sont de la responsabilité d’Arkéa. La Confédération est un filet de protection et joue un rôle de négociation auprès des régulateurs bancaires. Elle a fait des erreurs dans le passé mais elles les a corrigées par les nouveaux statuts. »

Marylise Lebranchu annonce donc qu’elle va prendre la présidence d’une association dénommée « Restons mutualistes ». Et elle s’en explique de la manière suivante : « Si Arkéa n’est plus mutualiste, je pars. Je suis entrée au Crédit mutuel car j’avais confiance en ce réseau. Arkéa est né du mouvement mutualiste. Si Arkéa Bretagne-Aquitaine s’est développé, c’est parce qu’il s’est appuyé sur un réseau qui a une histoire. On n’a pas le droit de cracher sur son histoire. Le mutualisme, c’est un état d’esprit. Ce sont les sociétaires qui sont propriétaires de leurs caisses, lesquelles sont propriétaires de leur fédération et les fédérations forment une Confédération. Il n’y a pas de dividendes de versés et surtout il y a une solidarité. Ce n’est pas un hasard si le Crédit mutuel a mieux résisté que les autres banques lors de la crise de 2008. »

L’entretien est à lire ici

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