Laurent Davezies: la politique et les territoires

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Capitalisme reste un "gros mot"  ? transfert de 10% de la valeur ajoutée des salaires au capital 100 milliards annuel depuis les 30 dernières années, évasion fiscale 80 milliards d'euro annuel, 600 milliards à l'extérieur....? aucune loi contre la spéculation, les licenciements boursiers : sans effet sur l'emploi d'autres propositions :

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  • 12/05/2017 12:59
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ah alors comment il explique le volume des chômeurs en France , on a créer plus d'emplois que la croissance de la popuplation??? je ne comprends pas bien!

Vous avez mal lu ou trop vite : l'article par du nord de la France, pas des autres régions...

Il a dit plus d'emploi aujourd'hui qu'il y a 30 ans  sur l'ensemble de la France. Si c'est exact, il y a deux explications:

1) le chômage a été très élevé depuis au moins 20 ans, atteignant même 10 % avant les 35 heures

2) les emplois ne sont pas les mêmes: le nombre d'emplois à temps partiel, pour l'essentiel non choisi, a explosé.

Ce que ce bon replâtreur impuissant du capitalisme n'a pas dit non plus,  c'est l'explosion des emplois précaires.

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  • 12/05/2017 13:14
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L'observatoire des inégalités est dans l'erreur sentimentale...oué oué..

Le déclassement vécu par les travailleurs, c'est de l'erreur sentimentale.

Bon, c'est du discours raccord avec le président et l'idéologie dominante. Très cohérent quand on regarde le parcours du docte.

La métropolisation régionale du territoire assèche les anciens départements – tout en créant des doublons inutiles à foison. C'est le côté utile des descriptions de Guilly – les conclusions politiques, c'est autre chose : un peu le symétrique d'un Todd. En outre :

Contre l’idée de l’égalité des territoires, il estime que la puissance publique doit plutôt œuvrer à l’égalité sociale. Pour lui, cela doit passer prioritairement par une aide à la mobilité des jeunes (en matière de logement et de transport), notamment pour qu’ils acquièrent une formation utile. Sans oublier l'accès à l'internet et des moyens de transport faciles pour relier les métropoles.

Oui.

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https://www.youtube.com/watch?v=3vi8X3f5hUs

La France périphérique va t-elle exploser ? Christophe Guilluy

Analyse interessante sur le declassement d'une certaine population.

La mobilité dont j'ai pu profitée personnellement m'a savé d'un territoire avec 50% de chomage.

Elle n'était effectivement pas à la porté de tous mes amis... D'ailleur les emplois d'état (direct ou non) sont la quasi seule solution là bas.

Si on leur enlève ça, ça va saigner...Mais en même temps le maintenir ne resoud pas le problème voir repousse à plus tard sa résolution.

Un gros dileme qu'un elu (qui rend des comptes à ses electeurs) ne peut trancher que dans un sens: emploi public...

 

 

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  • 12/05/2017 15:38
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Exposé très intéressant (beaucoup de données factuelles fournies).

Moins convaincu en revanche par la toute fin et l'emballement autour de l'impression 3D.

Son explication est très sommaire, faute de temps j'imagine. Il y a bien  une perspective, devenue tendance puis réalité, de ce que j'appelle depuis 20 ans une "relocalisation vers le Nord", dans certaines industries. 

Les facteurs sont différents en fonction des secteurs, mais vont bien au delà de la 3D...Les principaux sont:

- la poursuite, dans certaines industries, de la robotisation, liée à des progres scientifiques et techniques, notamment la numérisation, qui a deux effets essentiels: le besoin de m.o. très qualifiée, et moins de m.o à bas salaire.

- le besoin de l'environnement des affaires le plus favoragle pour des industries de plus en plus capitalistiques, qui n'est pas dépendant seulement du niveau des salaires, mais d'une quantité de facteurs plus favorable dans les vieux  pays "développés" (du "Nord"), notamment stabilité politique, tissu de RD, qualité de vie pour les cadres et dirigeants, réseaux de formation, subventions diverses, barrières administratives légères.

Je suis certain que même les industries d'assemblage textile tendront à se "relocaliser". Non seulement pour servir le plus vite possible un marché en partie de "mode", mais aussi à cause, comme le plus souvent, du progrès scientifique et technique. La découpe, depuis longtemps, n'a plus besoin de sciseaux, elle est faite en quelques minutes pour des centaines de pièces au laser ou au jet d'eau. Mais surtout, la RD porte depuis de nombreuses années sur la production de tissus qu'il serait possible d'assembler sans couture. Ce sont des dizaines de millions d'emplois qui seront alors remplacés par des machines en Chine, en Inde, au Vietnam, au Bengladesh et dans une vingtaine d'autres pays gros producteurs.

 

REMARQUABLE.

Merçi Médiapart pour l'organisation de tels exposés.

Oui, mais très contestable . Mérite d'être confronté aux analyses de Piketty qui ne dit pas la même chose

Schumpeter est-il encore d'actualité

Et la robotisation ??

Pourriez-vous être plus spécifique sur ce que dit Piketty, qui contredirait les propos de l'intervenant ?

Je ne comprends pas votre question sur la robotisation. C'est parfaitement cohérent avec ce qui est dit, perte d'emploi masculin dans le quintile "le plus modeste"... c'est justement le type d'emploi qui est touché par la robotisation. Ou alors vous pensez à quoi ?

Encore un qui deplore les deficits, mais en oubliant la fiscalite tres accomodantes pour les grosses entreprises qui ne creent pas tant d'emplois, il aurait du nous parler de la fiscalite comme outil au service de la creation d'emplous.

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  • 13/05/2017 10:31
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Entretien passionnant et qui ouvre des horizons.

Merci à Sophie Dufau et à MDP.

La réponse de ce macroniste, donc : "si ton territoire ne marche pas, va voir ailleurs, déplace-toi". Pure pensée néoclassique : il faut optimiser les capacités de déplacement des unités-travail (les travailleurs) pour que leur offre de valeur-travail s'adapte à la demande du marché. C'est aux électrons d'aller chercher leurs noyaux.

On dirait du Hayek dans le texte. Aucune considération pour la vie, l'histoire ancrée, la famille, les biens des gens. Dans ce modèle, l'humain n'a aucune histoire, ni sentiment, ne peut pas aimer son territoire d'origine ; c'est un pur objet-travail qui offre sa force à des objets-productions, et doit donc être mobile, sur tout le territoire. A vomir. C'est justement parce qu'on leur dit "ben écoute, le travail est en Pologne, t'as qu'à aller en Pologne" que les pauvres votent FN. Les gens veulent que leur territoire réussisse, sans avoir besoin de s'exiler à l'autre bout du monde.

Et, comme d'habitude, le néolibéral de service ne comprend pas le "sentiment" de déclassement ; "c'est très étonnant". Ben oui, ça dépend de l'échelle que tu retiens ! Il dit "mais je leur dis qu'à l'échelle nationale ça va mieux", sans comprendre que l'expérience humaine réfléchit à l'échelle locale, à partir de son ancrage matériel (sa ville, sa vie). La mondialisation néolibérale fait toujours gagner les mêmes territoires et perdre les mêmes, du coup, ceux qui sont dans les mauvais territoires ne peuvent que considérer qu'ils sont déclassés (en plus c'est factuellement vrai à l'échelle locale ou départementale).

Puis il pleure sur les dépenses et protections sociales. Oui c'est 31% du PIB... mais ce chiffre ne signifie pas que ça "ponctionne" 31% du PIB ! Ce n'est qu'un mode de calcul (si on fait le même calcul pour la dépense privée, on atteint 200% du PIB par exemple). En fait, la redistribution sociale participe au PIB, puisque le RSA par exemple permet aux pauvres d'accéder à la consommation de base ; consommation qui soutient la demande des entreprises et ainsi maintient un semblant d'économie en période de crise, notamment. C'est ce qu'on appelle généralement les "stabilisateurs économiques de la France" : à chaque crise, nous avons une récession moins forte que les autres pays car nos catégories les plus fragiles peuvent rester dans le circuit de l'économie réelle grâce à leurs revenus assurés par l'Etat. Ainsi, la dépense sociale contribue autant au PIB qu'un salaire du privé, qu'on pourrait nommer "dépense privée" si on était aussi malveillant et idiot que les néolibéraux.

La république et ses territoires : La circulation invisible des richesses, d'un tereritoire à l'autre, mais aussi d'un sexe à l'autre, des vieux aux jeunes, d'un décile l'autre etc…

Avant c'était la République qui décidait, ou son administration, aujourd'hui c'est le marché qui décide. Mais qu'est-ce que ça veut dire que la marché décide ? C'est qui le marché ? C'est où le marché ? Personne ne sait.

Derrière le marché c'est l'intérêt de l'entrepreneur de toucher une subvention, mais de sous -traiter en Pologne ou au Maroc, voire en Chine. Encore une fois c'est la circulation des richesses, les transports, qui oppose une concurrence déloyale aux activités localisées, pour différentes raisons, sociales, sentimentales, familiales, monétaires…

Quant à Laurent Davézies, moi j'aime bien, il a une bonne bouille, c'est pas un pédant, un m'as-tu-vu… et ça fait longtemps que je le connais : 10 ans, son premier livre ?

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  • 18/05/2017 13:04
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Et le monde agricole, ça fait partie de la ruralité ? C'est quoi les "territoires" ? La mort en cours du monde paysan ? Les suicides quasi quotidiens des paysans ? L'agro agriculture sous perfusion des aides publiques ? Je trouve cet entretien intéressant mais incomplet. Manque peut être un peu de connaissance du terrain.

J'avoue que j'attendais un peu autre chose sur la question des territoires. Il y a bien des enfermements et des assignations. Laurent Davezies décrit le phénomène de gentrification comme s'il découvrait l'Amérique... sans dire toutes les populations que ces politiques de la ville pro-bobo poussent toujours un peu plus loin. Une maison prise à un pauvre pour un dollar, c'est une aubaine pour un célibataire qui a envie de faire la fête. Et puis c'est vrai, c'est super de pouvoir se déplacer. Au fait, ça coûte combien un billet Paris-Lille en TGV ? Vous me direz, maintenant, il y a aussi les bus Macron (exploiter-polluer)... sans parler des imprimantes 3D pour aller à la pêche.

La plupart des jeunes que je rencontre ont simplement des problèmes pour avoir un ticket de métro. Si Laurent Davezies parlait vraiment d'une politique des territoires permettant la mobilité de tous les jeunes, alors oui. J'en rencontre des tas qui ont envie de bouger et pour que ça devienne possible, les frontières ne sont pas que dans la tête. Le TGV, qui est aujourd'hui un moyen de transport réservé à une certaine partie de la population, si c'était gratuit pour les moins de 26 ans, ce serait une sacrée révolution, non ? On en verrai partout, des jeunes de toutes les couleurs, et bon sang comme ça ferait du bien !

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